Si Jacques Perroux a écrit "La crevasse", André Besson "Le village englouti" ou Maurice Zermatten "La porte blanche", combien de guides n'ont pas écrit "L'avalanche"! Notre guide et cousin Guy, de la vallée, a malheureusement vécu ce drame à 2 ou 3 reprises. S'il en a réchappé? Parce que ce n'était pas lui qui en faisait les frais, mais un de ses clients... Et si on s'en rappelle encore dans nos mémoires collectives? Parce que son client y est définitivement resté.

(Long silence)

C'est ainsi que, chaque année, la neige se saisit de son quota de victimes. Elle donne tout d'un côté: de la "chatoyance", de la douceur, de la clarté, de la fraîcheur, de l'insouciance et de la liberté. Elle reprend tout de l'autre côté: la vie. Comme si elle devait sans cesse rééquilibrer sa balance, incapable de n'offrir que générosité et bonheur. Mais la neige n'est que l'instrument de vie ou de mort de la montagne, comme l'eau ou les rochers.

La journée de vendredi avait pourtant admirablement bien commencé. Beau temps belle neige, selon la formule consacrée. Et pourtant, dès la fin de l'après-midi, nous pouvions lire ce type de dépêche sur les sites de nos quotidiens: