L'épissure est une affaire tordue, c'est le cas de le dire.

Si mes souvenirs d'explications sont bons - corrigez-moi, le cas échéant, il y a des spécialistes parmi vous - le câble tracteur est composé d'une âme et de torons. L'âme est au centre, les torsades de torons l'entourent. On détorsade le câble, retire l'âme sur une portion afin d'insérer un toron sectionné à la place de l'âme et retorsader le tout. Ni clous ni soudures, c'est la tension sur la torsade qui maintient le dispositif fermement en place.

L'épissure, on le voit bien sur les clichés, s'opère sur des dizaines de mètres de longueurs. Ce qui veut dire que sur les 6 ou 7 torons, un bout plus loin, on recommence la même opération avec un autre toron qui aura été sectionné sur une autre portion. Chacun des torons est ainsi imbriqué à distance diverse dans la structure, ce qui fait que lorsque tout est retorsadé, l'est à des hauteurs différentes. S'il devait, quelque part à l'avenir y avoir un problème quelque part, cela se verrait, j'en déduis, aux renflements et laisserait plus que le temps nécessaire à la réaction.

Quoi qu'il en soit, le système est plutôt du genre pérenne, d'après les explications de Vincent Epiney l'ingénieur en charge du projet de construction et natif de Grimentz.

L'immoblog a eu la chance de se casser le nez sur le bonhomme alors qu'il observait la manoeuvre. Ceci lui fournit des occasions rêvées:

  • celle d'accéder au pied de la passerelle, ainsi que sur l'autre bras métallique du téléphérique qui surplombe le village. Cela lui offrit d'enfin découvrir - moyennant de ne pas lorgner à travers les escaliers métalliques de la structure, de garder le regard bien droit - et d'apprécier la vue splendide sur le village, de dépasser la hauteur du 2ème étage de l'hôtel Alpina juste en face. Je tenais enfin ma revanche!
  • celle aussi de découvrir les bas-fonds insondables d'une si grosse machinerie.

En effet, après avoir remis les pieds au plancher, Vincent m’emmena découvrir le contre-poids dont on se rappelle le trou béant à sa construction.

Une grande porte métallique s'ouvre sur un vaste espace cloisonné d'immenses parois de béton. En face, un gigantesque fromage de béton autour duquel s'enroule un câble porteur. La structure est fixe. De l'autre côté de cette grande salle, on devine, en miroir, le second fromage et son câble. Les cales de bois arrondis entre le béton et le câble rappellent vaguement un tonneau et la taille imposante de l'infrastructure évoque le fameux tonneau d'Heidelberg. Curieuse comparaison, n'est-ce pas? Pas pour une Anniviarde qui, en plus, se targue de faire un semblant de politique...

D'un tonneau à l'autre... euh, pardon... d'un fromage à l'autre coure sur toute la longueur un fossé de 8 mètres de profondeur dans lequel s'abaisseront ou s'élèveront, selon la pression sur le câble lors de la course des cabines, les contrepoids.

D'ailleurs, le câble tracteur, qu'on n'aurait pu imaginer en pleine opération à des dizaines de mètres au-dessus de nos têtes et à l'air libre, s'introduit dans cette cavité par une lucarne, s'enroule autour des 2 grandes roues placées côte-à-côte dans le fossé du contre-poids pour s'échapper de l'autre côté.

Marée basse marée haute, ce seront donc 2 lunes qui gèreront notre trafic céleste, désormais.

Le travail d'épissure a longtemps duré, ce jour-là. Il se déroulait en semaine de grosse affluence et a beaucoup intrigué les badauds. A la nuit tombante, on pouvait encore observer le ballet des frontales circuler sur la passerelle.

Le lundi suivant, soit aujourd'hui, on procéda au démontage de la passerelle, ce qui fut l'affaire de quelques heures.

Demain sans doute, on clippera l'une des 2 cabines pour, comme l'a déjà mentionné Bernard, la tracter.

Tout là-haut sur la montagne.

:santa:

[avec un peu de retard]


Les photos ci-dessous vous illustreront bien mieux ce que j'ai tenté de vous présenté.

Pour iDevices:

RMGZ - L'épissure et visite de la structure

Bernard, j'ai saisi l'occase de ma rencontre avec Vincent pour me porter volontaire comme plot pour les tests de rotation des cabines. Cela m'aurait offert une occasion inespérée de vous présenter quelques clichés. Hè ben... à la formulation de ma question... on m'a ri au nez......... j'en cherche toujours la raison aujourd'hui. (desespoir)