J'ai d'abord cru rêver.

La première cabine, personne n'en a fait un plat lorsqu'elle fut suspendue. Du coup, j'ai imaginé qu'il s'agissait d'un truc bête comme chou que de la clipper à sa grosse pince. De plus, ça c'est fait assez rapidement, quasi le lendemain du sa montée dans la vallée. Mais de là à imaginer la réalité...!

Il faut préciser que ça fourmille, dans le secteur du téléphérique, car la route est encore longue avant la mi-janvier et sa réalisation finale. Or, les touristes, hôtes ou vacanciers, sont plutôt curieux malgré les désagréments potentiels. De toute évidence, ils comprennent l'enjeu et leur intérêt futur. D'ailleurs, l'épissure, c'est pour après le 02 janvier. Un pont relativement long a été construit le long du câble. Si on lit les commentaires du billet précédant qui évoque cette opération [merci à mes spécialistes-commentateurs!], j'en déduis qu'on prépare le terrain.

C'est au pied des pistes de ski qu'on m'évoqua le "décollage de la cabine". Curieuse [ça vous étonne?], je pris la direction indiquée, à quelques pas. La Numérobis pendouillait en effet à un mètre du sol. Je cherchais la grue qui la tractait, ne vis que des câbles, la cabine ventre à l'air, trappe ouverte et des petits bonhommes qui s'affairaient en grimpant sur son toit.

C'est alors que, à ma grande stupéfaction, je compris la manoeuvre!

Sans réfléchir, je m'élançais en grimpant 4 à 4 les marches de notre escalator [par chance, il fonctionnait dans le sens de la montée...] sous les rires des corps de métier face à mon agitation joyeuse, appareil au poing, et arrivais juste à temps pour l'action: 4 ouvriers de Garaventa, chacun dans leur coin, actionnant un tire-fort de toute leur force.

Et la cabine de s'élever.

Ok, j'ai aucune idée de comment ça se passe en pareille situation, très peu de connaissance technique, je pense avoir un minimum de bon sens, beaucoup d'imagination, mais là, franchement, j'étais à côté de la plaque en imaginant une super grue ou un aimant géant électro-magnétique digne de notre société high-tech pour la clipper à la pince.

Incrédule et comme d'autres personnes sur les lieux, j'ai donc admiré l'effort un moment [ce qui eut pour effet de bien motiver nos esclaves, mais pas Brutus qui aurait préféré me voir rester sur les axes publics], puis je me suis fait expliquer le coup du tire-fort par un expert.

Le tire-fort peut actionner un objet à tracter partant de 2 points fixes: celui de l'objet à tracter et sa destination [figure de gauche sur l'image]. Le tire-fort peut être actionné sur un système circulaire qui passe par une poulie pour revenir à son point fixe initial [figure de droite]. Le tire-fort peut actionner 3 tonnes 2 à bras d'homme, ça dépend des modèles [d'homme... heu non, de tire-fort]. En passant par la poulie, il passe en 2/1 [comme le son de votre home cinéma qui est en 5/1] et double donc le tractage en 6 tonnes 4.

Ok, le vocabulaire n'y est pas du tout, c'est pas mon domaine, mais je crois que vous avez saisi l'idée.

A première vue et sur la base de mon extrait vidéo, le système à poulie est en vigueur. A vérifier sur les photos.

Bref, quoi qu'il en soit et grâce à tous ces gros bras, la cabine put être clippée en un après-midi. Bravo!

Pour iDevices:

A la pogne!

* Toute référence fortuite à nos esclaves haut-valaisans des Gyptes Anciennes passe par la rude émission Panoramix [ou 16:9] de Cléôpâtre.


Bien à vous,
Nicole la très simple d'esprit