Entre-temps, l'avancée des travaux du téléphérique est flagrante. Après l'article du Nouvelliste de la semaine dernière, c'est au tour du JDS [Journal de Sierre] d'analyser le projet [aussi en annexe].

D'un point de vue touristique, ce projet, c'est un peu "marche ou crève", soit grandir ou mourir. A l'aide d'une seule installation, bon... qui nous coûte près de 30 mio quand même, c'est 2 domaines skiables qui régatent soudain dans la cour des grands pour atteindre la taille critique nécessaire à sa survie. Voilà qui, sur le papier, fait beaucoup.

Sur le papier. Ou sur la toile.

C'est le genre d'arguments qu'il nous faut aujourd'hui pour convaincre de la force et de l'intérêt d'une destination. 120 kilomètres de pistes, 21 installations et 6 restaurants, ça en jette, non? Enfin... pour les convaincus. C'est avec ce genre d'arguments qu'on intéresse le vacancier au premier coup d'oeil. Ajoutez à cela tous les services de base [commerces en tout genre] et d'urgence [médecins, etc.] pour le rassurer. Complétez l'offre en lui affirmant que nous surfons ici comme tout le monde sur iPad et le voilà enfin décidé.

Car il faut au touriste absolument tout le confort nécessaire pour l'amener en position assise et confortable jusqu'au pied des montagnes. N'en déplaise à notre ami Weber.

- Dites, je cherche un appartement pour la semaine de Nouvel An. Le plus proche des pistes de ski. Pouvez-vous nous envoyer une offre?

Nouvel an ou carnaval, comme d'hab. Et comment expliquer à ces gens que, hors périmètre remontées mécaniques, il y a de très très beaux logements et que le bus-navette les emmènera skier comme s'ils dormaient à côté des pistes, quelques nuisances en moins, peut-être. C'est notre travail de Sisyphe dans le monde de l'hébergement.

Or, vous aimez notre contrée pour sa beauté. Celle de sa nature, celle de son patrimoine authentique.

En cela, l'ami Weber avait raison. Nous devons sauvegarder notre nature et notre patrimoine. L'un et l'autre sont essentiels à notre existence, à nos traditions, à notre identité. Sur le plan interne et communautaire, ils assurent notre cohésion sociale, notre amour de la terre, la nôtre. Sur le plan économique, celle de notre survie. Car sans paysage pas de tourisme. Et la recherche de l'authentique est l'un des moteurs de l'intérêt du vacancier pour notre région.

Vous vous demandez pourquoi je vous mets en annexe l'article très détaillé du jds à propos du projet de construction de téléphérique sans le dissocier de sa page précédente, l'inauguration du Grand-Bisse de St-Jean de samedi dernier [comme je travaillais, je n'ai pu y assister pour vous en parler, mais entendu des échos ravis de l'excellente organisation de cette journée] tout comme de la Chapelle St-Laurent, peu avant Mottec?

L'un et l'autre sont indissociables.

Nos paysages sont magnifiques, notre culture digne d'intérêt, mais sans logement au pied des pistes, sans des kilomètres à dévorer qu'on ne parcourra dans le fond jamais intégralement, sans un minimum de promesses de magasins, de restos et de nightlife, des activités annexes, des manifestations organisées par l'OT, etc. etc. je vous garantis que le touriste ira voir plus loin. Déjà que ça y est moins cher.

Pourquoi le pavillon doré en illustration de ce billet?

C'était lors de mon voyage à Shangaï puis au Japon, en mai 2007. J'adore les voyages découvertes, sac au dos, et j'en rentre en principe plus crevée qu'au départ alors qu'on est censé s'y reposer. A Kyoto, ce monument est le symbole même de la zénitude et de la beauté sur papier glacé. Mais la terre asiatique est pleine de contrastes ahurissants, entre frénésie et contemplation, richesse et pauvreté. Le plus étonnant est que ces mondes se côtoient très étroitement sans friction, d'un instant à l'autre, d'une rue à l'autre. C'est pourquoi vous ne serez sans doute pas étonnés si je vous révèle qu'à la prise de ce cliché, je n'étais pas seule au monde comme il donnerait à penser, mais entourée d'une foule dense et compacte qui, tout comme moi, appuyait sur son déclencheur.

Au même titre, le tourisme durable, authentique, patrimonial a besoin de celui des infrastructures pour se subvenir. L'inverse est aussi valable pour susciter l'intérêt.

En tout il y a l'endroit... et l'envers. Et tout se tient.

Mais lisez les articles du JDS à propos du bisse, de la chapelle et du téléphérique, puis montez voir tout ça!