Au départ, une première initiative avait été élaborée par les milieux écologistes dans le but de réduire la construction des bonnes terres agricoles sur le Plateau Suisse. Elle visait à bloquer le changement d'affectation de ces zones pour 20 ans. Cette initiative pénalisait les milieux urbains, en manque constant de terrains à construire. Contre-projets, amendements, etc. la nouvelle loi vise tout simplement à réduire la surface de zones à bâtir aujourd'hui mise en réserve.

Un Valaisan, est-ce un Suisse vraiment différent des autres? Il vit dans un canton alpin largement pourvu en territoire mais dont l'essentiel est improductif. En Anniviers, le 77% tient en de la caillasse [à sécuriser] ou des surfaces boisées, 1,5% est notre zone à bâtir. A force d'arpenter cette terre, il lui accorde une valeur presque sacrale. Et bien réelle. C'est pourquoi et à travers les siècles, sa fortune se quantifie en lopins de terre, un héritage toujours vénéré par ses descendants. Ceux qui se cultivent, ceux qui se construisent. Devenir/Être propriétaire foncier fait partie de notre culture.

A d'autres les actions en bourse par trop virtuelles.

Investir dans la pierre, c'est tout de même pas une agente immobilière qu vous démentira cela, est un placement sûr et rentable sur le long terme.

Ouais bon... c'est ce qu'on croyait jusqu'à cette année.

Au-delà de l'initiative Weber qui fera certes augmenter la valeur de certains biens, tout en réduisant de façon injustifiée, partiale, aléatoire[?] d'autres selon les contextes tout comme selon les communes concernées, ou non, par l'application, la valeur même des terrains en sera exacerbée selon les aléas!

Nombreuses sont les familles valaisannes à posséder des terrains à construire dans les villages pour le retour potentiel de l'enfant prodigue. Ils ont aussi souvent été mis gage d'hypothèque. Pour un commerce, par exemple.

La nouvelle loi impose tout bonnement et sans appel de dézoner. En Valais, cela représenterait 87% de notre territoire à construire, soit une catastrophe économique, une perte sèche sachant qu'on ne pourra la remplacer par aucun autre revenu économique [agricole/primaire ou industrie/secondaire], tandis que les terrains constructibles survivants verraient leur prix monter en flèche. L'impossibilité de tout développement futur, la perspective de l'exil économique...?

La fourchette de variation de la dé/classification assurerait en outre une In/égalité de traitement toute confédérale... En Anniviers, la valeur du terrain dézoné passerait de Fr. 230.- à Fr. 2.30 tandis que celui de Genève, conservé, de Fr. 230.- à Fr. 2'300.-. Vous faut-il une calculette?

Sur quelle base les autorités devraient-elles choisir de dézoner? Face aux exigences fédérales, il faudra atteindre un quota. Et s'il n'y a d'autre choix que de déclasser une zone déjà équipée? La nouvelle loi ne propose aucune compensation financière pour le 87% des propriétaires concernés. Je vois d'ici les drames familiaux face à la sélection imposée et arbitraire.

Dernière question qui se pose à l'immoblog. En quoi cette nouvelle loi aidera à régler la question de la densification? Elle rajoute en la compliquant une grille de lecture à la problématique du mitage du territoire, si souvent reprochée. Au milieu de tout ça, l'objectif initial de conserver les bonnes terres agricoles serait de toute manière manqué car la plupart des terrains restent inexploitables, tout en pénalisant ceux qui ont sagement investi.

Le délai de retour des signatures du referendum a été fixé à mi-septembre. Retournez la vôtre maintenant!

Enfin, voilà quoi. C'était juste quelques réflexions. Je vous laisse: le cours du Nasdaq a soudain attiré mon attention. Voir aussi si l'action Facebook touche le fond, ce serait peut-être le bon moment, on sait jamais...


Compléments d'infos pour réflexion:

Argumentaire du référendum

Plans de zones anniviards


Vous trouviez toujours que ça faisait bien longtemps que je n'avais plus animé ce blog, mmmmhhhh?!?? Et pourtant, je vous ai RéSUMé l'affaire ;-)