Un de mes hobbys est la photographie. C'est le plus récent d'entre tous, une dizaine d'années au plus, celui pratiqué avec le plus de mesure et qui n'a jamais figuré sur aucun cv. Il offre de libérer l'âme et n'a de cartésien que les valeurs de vitesse ou d'ouverture, la perfection des lignes de fuite. Une recherche intuitive d'équilibre et d'harmonie.

Pour moi, c'est avant tout un exercice qui se pratique dans un environnement familier, pour ne pas dire aimé. Je m'y suis réellement mise en revenant en Anniviers par l'envie de transmettre. Vous y êtes, je crois bien, assez réceptifs. Amateurs comme moi ou professionnels, il y a d'autres photographes dans le secteur, et c'est souvent très intéressant de partager nos impressions.

Mon réflexe est lourd à trimbaler, mais il y a pourtant des fois où je bénis le ciel [ouais enfin... c'est une expression] de me l'avoir confié car qui m'aurait cru si j'avais tenté d'expliquer ce que j'ai vu de mes propres yeux l'autre jour????

LE DAHU

J'vous jure que j'avais pas bu! J'avoue avoir eu encore un peu mal aux cheveux de la veille, mais j'étais parfaitement sobre. En plus, la bête rencontrée était ambidextre! N’aggravons pas notre cas.

Au pied du mur, les échos renvoyés par la courbe imposante de la façade sont assez bizarres et intrigants. En tendant l'oreille, on reconnaît la voix distincte des promeneurs, tout là-haut, le roulis des cailloux et... le sabot des bêtes sur le sol, si proche que j'en ai sursauté. Il suffisait de tourner la tête pour les apercevoir dans l'oblique commissure de la terre et du béton.

Les 3 jeunes bouquetins broutaient en toute quiétude à quelques mètres de moi. Soudain, l'un d'eux se détacha du groupe et s'avança sur le béton du mur. Il prenait une claire tangente dans ma direction et chaque pas, depuis la mi-hauteur de leur position, l'amenait de façon exponentielle au-dessus du vide.

Bien qu'inquiète du bruit du déclenchement, mon réflexe prit le dessus. J'avais aussi cessé de respirer de peur de l'effrayer, de le voir perdre pied. C'eut été sa dernière seconde, je m'en serais voulue pour l'éternité.

Le faune continuait d'avancer sur l'esplanade, s'est arrêté un moment pour lécher le salpêtre qui s'en extrayait, puis a fait une conversion avale d'une souplesse abyssale et, de dahu de droite, s'est mué en dahu de gauche. Il s'en revint ainsi tranquillement après cette anodine balade.

Ma probité légendaire fera sans doute de moi une affabulatrice de haut vol si je n'étaye pas ce récit, c'est bien ça? Voici donc les photos de cette incroyable péripétie!

Pour iDevices:

Le dahu de Moiry, suite

Rappelez-vous:

Parlant de hobby ou de passion, d'autres ont fait part des leurs à la presse ces derniers jours. Il y a Dédé Abbé de Pinsec pour les 100 ans du four à pain, avec toute la communauté painchakie qui gravite autour. C'était dans le cadre de leur patronale qui a eu lieu samedi en 10. Il y a encore Sylvie Peter et sa cuisine aux plantes sauvages sur Zinal.

Les 2 articles et un correctif sont en annexe de billet.