Le résultat du vote sur les résidences secondaires nous a conduit à une crise identitaire fort bien résumée par Bernard Crettaz pas plus tard que hier soir, puisque nous avons tout de même fini par évoquer le sujet lors d'un de ses fameux cafés.

En Anniviers, of course.

Le valaisan aujourd'hui, soit on en est fier, soit on le voit comme un salaud, les derniers et malheureux événements du drame de Sierre exacerbant encore la perception émotionnelle à notre propos.

Au lendemain du 11 mars, voir notre éminent sociologue perdre son calme face à un Franz Weber narquois d'arguments simplistes qui ont pourtant fait mouche avait de qui ébranler. La distance de l'analyse qui le caractérise dans ses prises de position publiques avaient fait place au coeur, au militant engagé et adversaire politique. A cet instant précis, il n'est pas un montagnard bafoué qui ne se soit senti comme aspiré. Il exprimait notre sentiment et que ce soit lui qui perde ainsi son calme en soulignait d'autant mieux la difficulté.

Ce désarroi devrait pourtant inciter à la réflexion plus qu'à la critique.

Pourquoi le sociologue s’est effacé devant le citoyen de Zinal, donc ennemi juré des écologistes version Weber?, demande-t-elle. Est-ce parce qu'on est de Zinal qu'on est anti-écolo? Certains réclameront sans doute leur droit de réponse, une affirmation bien lapidaire.

Est-ce la preuve qu’on ne peut appartenir à deux mondes en même temps, qu’il faut choisir, encore et toujours? Dommage que la question ne soit posée sur le papier qu'au lendemain d'une soirée, la seconde... à Zinal justement, qui proposait de débattre du statut de personnes établies et pourtant exogènes par rapport à notre communauté [amoyiche, comme on l'appelle avec plus ou moins de bonheur et d'acceptation, ici]. Cet aspect-là ne nous avait pas effleuré, l'assemblée étant toute occupée à définir ce qui nous séparait de ce qui nous rassemblait et par quel moyen améliorer ou approfondir les relations avec les Anniviards de l'intérieur [les natifs indigènes, par extension les montagnards goitreux ;-) ].
[Explicatif et compte-rendu du premier "Café des Amoyiches en page 16 de la version à lire à l'écran du dernier 4 Saisons d'Anniviers ou du pdf à télécharger].

Bref, le sociologue ne manquera pas d'interroger le citoyen de Zinal sur la question, puis de la relayer lors d'un prochain café. Au début de l'automne.

Une chose de certaine, même si cela me coûte de l'affirmer et ne peut en aucun cas être appréhendé par certaines élites..., quand on naît Anniviard, on le demeure pour toujours.

Merci à Bernard d'être simplement resté lui-même.

PS. Contrairement à ce qu'affirme Isabelle Falconnier dans son article, Bernard ne portait pas son fameux pull rouge à l'écran. Manque d'attention? Mais Darius est lui bel et bien toujours tiré à 4 épingles. :mrgreen: