Le problème n'est pas nouveau. L'un des premiers articles relayés sur ce blog et sur le sujet remonte à 2008. On y parlait de tirer la sonnette d'alarme. Entre-temps, les conditions-cadres de notre vallée ont changé. Nous avons fusionné nos 6 anciennes communes, ce qui nous offre une vue circulaire de la gestion du tourisme et du problème de l'hébergement. C'est ainsi qu'une première action, choc, avait eu lieu en octobre dernier. Au lendemain de l'inauguration du grand chantier des Guernerés et de l'hôtel Inalp, nos édiles annonçaient la création d'une zone réservée pour empêcher le changement d'affectation d'un établissement hôtelier.

A décision-choc, réaction-choc. En Anniviers comme à Crans-Montana, les avis contraires s'entredéchirent.

Les zones réservées peuvent être décidées par le Conseil municipal pour une durée de deux ans. Ce délai peut être prolongé par l’assemblée primaire jusqu’à un maximum de cinq ans. Extrait du droit administratif cité en page 2 de l'article de vendredi [et en annexe]. Ceci afin de se donner les moyens de réfléchir de façon durable à la mise en place d'une meilleure stratégie territoriale.

Cette même page nous présente une statistique affolante de la perte de lits hôteliers dans la station. Une véritable saignée qui, toutes proportions gardées, suit le même trend dans notre vallée

A y voir de plus près, l'exploitation familiale d'un hôtel qui passe aux mains des générations est révolue. S'ils n'ont pas déjà fermé, ces établissements peinent à survivre et la descendance, même formée en milieu hôtelier, n'y trouve pas son intérêt. Dans quelle mesure une aide étatique ou communale pourrait contribuer durablement à l'exploitation de ce patrimoine? Et sous quelle forme? La question doit maintenant être répondue. Variante encore, les pools d'hôteliers pour une gestion globale. La construction d'un Inalp de plus grande capacité pourrait aussi ouvrir la porte à de grands groupes internationaux intéressés à agrémenter leur chaîne d'un établissement plus discret dans un "secret spot". Etc. Pour l'heure, ce qui marche, et bien, est surtout affaire de personnes, de passions.

La situation de crise est reconnue de part à d'autre de la vallée du Rhône. En Anniviers, une réflexion sur l'aménagement de notre territoire a été concrètement engagée l'année dernière. Elle a franchi une nouvelle étape en réunissant les jeunes de la vallée, les partenaires touristiques et le monde de la construction pour tenter d'esquisser les contours de notre tourisme à l'échelle d'une génération, l'amorce d'une réflexion qui, on l'espère, sera intense et constructive car nous sommes tous d'accord pour dire qu'on ne peut pas continuer à construire et/ou vendre sans exploiter sur le long terme un bien, quel que soit le type d'hébergement proposé.

Si la manière d'envisager notre futur DOIT désormais changer, être régulée, dont la réflexion est clairement entrain de se mettre en place avec des personnes [aussi étonnant que cela puisse paraître à certains: des indigènes!] conscientes de la valeur de notre paysage et par là notre intégration économique et sociale au coeur de ce dernier, l'initiative qui vise à interdire toute nouvelle construction de résidence secondaire dans notre région sans nous offrir d'autre alternative viable est clairement égoïste et injuste.

Mais ceci est une autre discussion dont la première pierre sur ces pages est tout juste lancée.

Chers Anniviards, chers Hôtes, s'il vous plaît, faites-moi le plaisir de bien lire et comprendre l'article annexé, il fait un excellent tour de notre propre problématique. Puis le comparatif de Francette avec Anniviers.