Quelques aller-retour et un retour au calme plus tard, je me rendis enfin compte avoir perdu un gant en chemin. A quel moment? Où? Mystère. Il n'était certes pas des plus esthétique, mais doux, bon chaud et de très bonne qualité. Ce qui me faisait déjà le regretter, constatais-je toute dépitée en retournant comme une crêpe son jumeau abandonné. Je mis donc tout en oeuvre pour le retrouver et consacrait plus du temps que je croyais en avoir gagné dans ma précipitation au matin à sa recherche. Chemin à rebours, en long et en large. Mais bien sûr en vain. Toutes les personnes rencontrées dans la journée avait été retrouvées et briefées. Même l'OT en avait été informé. Rien.

Quelques jours s'écoulèrent. Je finis par oublier l'esseulé qui partit se tapir en soupirant dans son coin, observant qu'avec le monde qu'il y avait au village - c'était tout de même Noël - il y avait peu de chance que... - même si c'était Noël. De nombreux jours, donc, s'écoulèrent.

Puis un matin alors que le percolateur crachait une douce vapeur aux embruns de fumé, mon inestimable café, mon regard fut soudain attiré par une masse qui pendouillait. C'était là, à quelques mètres, en bordure de route et ça attendait patiemment, posé avec attention sur un des piquets qui bordent nos routes d'accès en hiver.

Voilà donc à quoi servent ces piquets en hiver, m'exclamais-je au même instant!

Incrédule après une si longue absence, mais surtout par ce hasard incroyable qui voulait que, pendant bien plus d'une semaine, cette masse, de nuit comme de jour, n'avait pas une seule fois attiré mon regard, je m'approchais pleine de curiosité, l'appareil au poing parce que j'avais quand même encore eu ce réflexe-là... euh... pardon... ce réflexe-là.

Camouflé sous la neige, il semblait avoir très bien assuré sa vie de nomade en extérieur. Et à y regarder de plus près aux côtés de son compère retrouvé, il n'était ni plus pâle, ni plus bronzé et n'avait pas pris une ride, à peine un semblant d'hypothermie, problème bien vite réglé.

Ce qui étonne le plus dans cette histoire, c'est que, pas plus que les outrages du temps, il n'a subi ceux de la circulation, ni ceux d'âmes malignes et festives qui auraient pu lui régler un compte certes fort injuste. Il a attendu bien sagement jusqu'à cette aube où mon regard s'est enfin porté sur lui.

Soyons honnêtes. On ne vit pas ici dans un pays de contes de fée plus qu'ailleurs. D'ailleurs, les fées, même dans le contes, faut le vouloir pour y croire [oseriez-vous me traiter de rabat-joie?]. Mais y a quand même parfois des hasards sympas qui font que la vie l'est tout autant.

Alors, avant de reprendre les choses plus sérieuses sur ces pages, l'immoblog vous propose ainsi de débuter la semaine en douceur. Et prenez la peine de vous baisser pour ramasser ce gant qui gît sur le trottoir. On sait jamais...