Dire qu'il a neigé ces derniers temps relève du doux euphémisme. A la taille des flocons juste avant qu'ils ne s'écrasent au sol [voir les billets de ces dix derniers jours], il était évident qu'à moins de passer jour et nuit à les traquer sur les surfaces planes, balai collé aux phalanges, des moyens plus conséquents allaient être nécessaires pour s'en débarrasser là où ils étaient persona non grata.

Ben justement, il ne suffisait plus de les gratter. Voici ma recette maison.

Les ingrédients

  • prévoir une vieille pelle de rechange, dûment fartée pour qu'elle ne colle pas, car vous pouvez être certain que le manche de votre nouveau racloir se déboîtera tôt ou tard et que personne ne passera pour vous le réparer
  • un balai de riz pour fignoler le terrain si vous êtes peignette comme moi
  • se vêtir d'un bon pantalon de ski
  • un t-shirt qui marque pas trop la transpiration si vous avez pignon sur rue, ça fait meilleur genre [une polaire s'avère rapidement superflue durant ce genre d'exercice]
  • une paire de gants pas trop dommage
  • et enfin chausser ses bottes les plus chaudes, tout est seyant avec un pantalon de ski, pis d'ailleurs on s'en fiche.

La tactique

Après avoir suivi pendant 2 jours les bons conseils du nivologue qui annonce une neige tassée, voir un peu croûtée en-dessous de 2000 m - ça va bien, ici on est à 1620 - profitez du soleil de milieu de journée pour commencer à gratter la glace sur le goudron en guise d'échauffement. Tempérée, elle se décolle du bitume comme un caramel de la poêle. Délicieux. Prenez ensuite votre courage à deux mains et passez au balcon. Il a cessé de neiger depuis quelques jours, mais vous avez laissé tasser, vous ne vous êtes point pressé pour débarrasser.

Non, ceci n'est pas de la procrastination, mais bel et bien de la tactique!

Ne vous affolez donc pas... attaquez mollo... par couche.

A ce stade, on devient soudain cuisinier. La masse compactée se fend de coups bien sentis. Il "suffit" de la débiter en tranches ou en morceaux en s'aidant des pieds [beaucoup, d'où l'intérêt des bonnes bottes] comme de la force de lévitation de la pelle [le racloir est déjà hs]. Les morceaux se séparent d'eux-mêmes. Tel un tailleur de pierre, préparez-en une petite série, puis saisissez-les à pleins bras pour les jeter par dessus bord de balcon à gants nus [mais c'est des vieux]: c'est tout ça du poids de la pelle en moins, but suprême de l'opération, pour dégager les kilos de blanche. N'hésitez pas à pousser des han de tennis[wo]man bien sonores si cela vous fait du bien. Remarquez, si les morceaux sont trop gros, vous en serez quitte pour devoir fermement les embrasser. Cela refroidit, certes...c'est à la rigueur revigorant.

Surtout sans réfléchir, continuez votre besogne et grignotez ainsi peu à peu la surface jusqu’à ce qu'elle soit complètement dégagée. Fignolez à votre guise au balai en pestant contre vous-même pour cet excès de zèle inutile. Mais c'est comme ça, y a [plus] rien à faire.

La durée de l'opération dépend de vos moyens à disposition. Pour ma part, j'ai mis le temps, mais... C'EST FAIT!

Un pierre ollaire préalablement allumé [on vous avait prévenu qu'il fallait aussi un peu d'astuce] vous réchauffera une fois l'affaire rondement menée car, entre-temps, le soleil aura pris soin de se coucher. Le balconning, c'était donc pour le day after avec, cette fois-ci, un vrai coin chaise-longue!

Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaahhhhhhhh les Noëls au balcon! (coeur)