Voici ce que J. de Tschudi dit de cette vallée, dans son Touriste en Suisse :

- La haute vallée d’Anniviers, longue de 38 kilomètres, étroite, boisée, caractéristique et peu connue, ouverte au nord et parcourue par l’impétueuse Navizance, appelée aussi Navichance ou Usens, renferme ce que le Valais, avec Zermatt, possède de plus beau et de plus grandiose en fait de montagnes et offre partout une richesse alternance de paysages doux et gracieux, avec la plus sauvage et imposante nature alpestre, principalement dans sa partie supérieure, la vallée de Zinal.

Le Val d’Anniviers, plus resserré et aux pentes en général plus abruptes, offre plus d’effets pittoresques et de contrastes saisissantes que la vallée de Zermatt.

Les habitants, hospitaliers, bon et sobres, et plus ou moins nomades, qu’on dit descendre des Celtes, passent pour les plus laborieux et les plus aisés du Valais et ont des habitudes, des moeurs et des usages particuliers.

On pénètre dans cette vallée par une belle route qui part de Sierre, passe à Chippis et monte en faisant de grands lacets, qu’un chemin muletier, qui aboutit au pont de Chippis, abrège considérablement. Chippis est devenu un bourg industriel important par les grandioses installations d’une compagnie industrielle qui a capté des forces de la Navizance à Vissoye et les conduit dans ses turbines, par un canal souterrain de 10 kilomètres de longueur environ. Les énormes tuyaux descendent le long de la montagne, comme des reptiles gigantesques, apportant dans leurs flancs l’eau glacée de la fille du glacier indomptée jusqu’alors. Ce n’est qu’à Niouc que la vallée prend son niveau normal. La belle route des Pontis, suspendue en quelque sorte sur un profond précipice, dominant le cours du torrent de ses lacets, qui s’assombrissent sous de nombreux tunnels creusés dan le roc, est une des plus pittoresques de la Suisse et commande l’admiration à chaque tournant, dévoilant les sites splendides de la vallée. 

Le premier tracé de cette route alpestre, considérablement élargie et rendue carrossable, a été taillée dans le roc par les soins de P. V. Quartery, curé de Saint-Luc, en 1615. Dans sa partie supérieure, la route circule au milieu de forêts de mélèzes du plus gracieux aspect.

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