Reprise de lundi en fanfare, au boulot. A se demander si notre situation touristique est autant à craindre qu'on le dit.

L'immoblog n'a pas très envie de pleurer sur ces [ses] pages comme les médias le font à tour de bras sur leur supports respectifs, surtout à la télé. On ne parle pas ici des attentats scandinaves ou des décès britanniques. On passe comme chat sur braise sur les déboires helléniques ou ibériques. Sur le ton de la badinerie, on évoque plus volontiers la météo

Pourtant, il y a de tout cela à la fois. La crise européenne fait drastiquement chuter la valeur de l'Euro. Il en va de même depuis plus longtemps du côté du Pound britannique et du Dollar américain. Ce qui confronte notre pays à un état de citadelle imprenable. La Suisse trop chère, les étrangers [du moins ceux qui n'avaient pas déjà réservé], nous boudent une fois réalisé le taux de change. Quelque part on comprend.

Or, la lecture sur le web de certains articles sur ces lamentations avec exemples appliqués [Crans-Montana, Zermatt, Anzère, etc.] présentent même des commentaires de suisses peu encourageants pour les stations de notre pays, des remarques comme "vu la différence de prix, on est bien obligé de partir en vacances à l'étranger". Il est tout à fait concevable de vouloir changer d'air et de partir à l'étranger, mais cela ne l'est pas de dénigrer ainsi nos tarifs car c'est dénigrer notre service, notre coût de la vie, le salaire des gens, de ces mêmes suisses qui se détournent pourtant en haussant les épaules et qui partagent notre qualité de vie. C'est comme d'aller acheter moins cher de l'autre côté de la frontière, c'est consommer ailleurs en dévaluant notre propre pays et ainsi contribuer à ce que ça le soit sur toute la chaîne... jusqu'au salaire final du consommateur-commentateur dans cet article.

Dieu merci, de Grimentz, on est trop loin de la frontière pour y songer, tout est grillé dans le déplacement si tel était le but premier. Remarquez, c'est la même chose dans les aéroports. Le prix d'appel et de séjour pension complète est certes attrayant, mais comprend-il toutes les taxes à payer en cours de route? Mais de cela, on ne s'en rend compte qu'au retour et pour autant qu'on en fasse honnêtement le calcul...

Pour nous les suisses, c'est maintenant ou jamais le moment de se serrer les coudes, de rester dans notre pays et ainsi de soutenir notre économie. Rester ici pour ses vacances, c'est, certes, soutenir un hébergeur du cru, mais aussi consommer local et, là, y a beaucoup d'emplois helvétiques en jeu qui n'ont pas grand-chose à voir avec le tourisme à proprement parlé. Tous ces gens auront ainsi autant de moyens de réinjecter dans notre pays. Ce qui a une influence bénéfique et durable sur notre économie tout entière, of course.

Bon, ajoutez à cela un zeste de Fukushima du côté des japonais, un ramadan un peu trop pressé de débuter dans le calendrier non-grégorien [Anniviers, pô trop concerné, on l'avoue], un froid de canard à vous demander pourquoi diable avoir pris la peine de s'épiler [tandis qu'ailleurs c'est la sécheresse totale], quoi donc encore...?

Bref. C'est pas top et on a vu mieux. Comment croire les acteurs du tourisme des années 70 qui nous racontent qu'une famille qui débarquait à l'improviste en juillet alors n'avait qu'à prendre le dernier logement libre sur le marché? On leur jette un regard soupçonneux pour déceler un grain de folie au fond de leurs pupilles ou on se demande s'ils ne sont pas la proie d’Alzheimer...

Vu d'Anniviers, on est tout de même un peu surpris, face à ce mélange d'épices un peu corsé, d'observer que ce n'est ici pas si déserté qu'en d'autres endroits. Est-ce dû à l'authenticité des lieux, à ses véritables habitants et sa vie communautaire? Ou est-ce les conséquences qui se feront ressentir de manière rétroactive, l'été prochain, ce qui est plutôt le fait d'une météo peu propice?

Foin de tout cela!

Arrêtons de cogiter. C'est tellement sympa de pouvoir retrouver d'anciens et fidèles clients. C'est tellement super d'avoir le temps de les accueillir sans être poussé par ceux qui attendent derrière au guichet, les estivants ont d'ailleurs tout le temps. C'est tellement plus facile de trouver la solution adéquate à leurs demandes. C'est tellement génial de pouvoir faire la connaissance d'une nouvelle famille, ravie d'être parvenue jusqu'à nous, de prendre le temps de leur expliquer notre région autant que de savoir qui ils sont.

Si c'est ce qu'on associe volontiers à la qualité du service, alors oui, on s'en donne à coeur joie!

Alors, comme notre barrage le suggère, ne soyez pas en proie au vertige, mais keep smiling, Switzerland is beautiful :-)


* Je crois que c'est du Soeur Emmanuelle. En tout cas c'est ce qu'elle nous a confié un jour il y a fort longtemps.