"Tu m'cherches, toi?!? Hein dis, tu m'cherches!"

De Troistorrents à Rarogne, on causait de tous les accents - du plus mélodieux [VS central] au plus rocailleux [centre-plutôt-bas-VS, mais surtout le haut-VS germanophone] - autour de l'arène. Ça peut prêter à sourire vu les courtes distances, n'empêche... On appelle cela le "terroir". Et du terroir, on en a dégusté, ce jour-là, à plein nez!

Des combats de reine, c'est l'art pour ces mesdames de se mesurer. On s'épie d'abord, puis on combat, corne à corne, parfois avec lenteur et patiente, parfois avec un acharnement coriace. 500 kilos minimum de muscles et le regard farouche.

Cogner pour régner, une mentalité franche et directe qui en fera rêver plus d'un humain, mais bon... on n'est pas là pour philosopher. Nos reines combattent pour trouver leurs marques au sein d'un troupeau et ainsi établir une hiérarchie. C'est un processus logique qui se poursuit l'été à l'alpage au rassemblement de plusieurs troupeaux dès le jour de l'inalpe.

Cela ne suffisant pas pour le plaisir de la rencontre comme celui de se mesurer, les passionnés du monde paysans et des vaches [attention, c'est quand même des hérensardes, du plus noble que la Elisabeth!] se rencontrent régulièrement autour de l'arène du printemps à l'automne. Qu'on s'intéresse à proprement dit aux combats et aux résultats des vaches ou pas, c'est l'occasion de grandes rencontres. Non seulement ces manifestations drainent un monde fou - et celle de Mission a, par son succès, vachement été dépassée par les événements en accueillant 4'500 spectateurs! - mais elles sont aussi l'occasion pour le gratin de notre canton de voir et surtout de se faire voir. De là à prétendre que qui s'est pointé ce jour-là assure son élection politique...

Par âge et donc par état [vache ayant déjà eu un veau, etc. on reviendra ultérieurement sur le glossaire de vos vacances] et donc aussi un peu par taille ou poids, les vaches sont regroupées et menées à l'arène sous la conduite amicale et ferme des rabatteurs, ces types qui veillent sur elles dans l'enclos. Ils rapprochent des vaches concurrentes, ils veillent à les protéger des influences extérieures [bousculades] lorsqu'elles luttent, ils sortent enfin les perdantes à la douce injonction du speaker: "Merci à la 146" [= "Sortez-là!"].

Un jury scrute les luttes et ordonnent leurs résultats, ils établissent ainsi le classement.

Lorsque 2 vaches se rapprochent, elles commencent par s'évaluer, l'air de rien, un peu de travers. Jusqu'au moment où l'une d'elle prend le taureau par les cornes. Front contre front, elles peuvent ensuite passer des minutes entières immobiles ou en action à se battre jusqu'à ce que l'une d'elle lâche et batte en retraite. "Merci à la 72", ponctue la voix d'Augustin-le-speaker. Dehors, suivante.

Toutes les vaches ne sont pas des bonnes lutteuses, même si toutes celles de la race d'Hérens y sont génétiquement prédestinées. Ce serait comme d'affirmer que tous les japonais sont des sumos.... quoi.... vous n'aimez pas mes parallèles? Ça manque de raffinement? :( D'accord. ;-)

Toujours est-il que leurs propriétaires les sélectionnent en fonction de leurs aptitudes et les préparent à grand renfort de potion magique, chacun son remède de grand-père, sa botte secrète. Visionnez ou revoyez ici le superbe reportage "Vive les reines" qui vous expliquera tout en image et avec beaucoup d'émotions.

Vous dire qui a gagné ce dimanche-là? Ce résultat-là, l'immoblog laisse le soin à d'autres de vous le fournir. Le Nouvelliste a en effet plongé au coeur des luttes pour vous donner ses impressions... heu... pour vous donner ses impressions! (dizzy)


Ces combats ont lieu chaque 4 ans à Mission. Le dernier date donc de 2007, l'immoblog était alors déjà né. Ça nous rajeunit pas, tout ça...


Voici en vidéo, 2 combats assez différents qui ont dignement été menés ce jour-là:

Prochain billet: les ornithorynques de Tombouctou-les-2-Eglises.