Si on ajoute à cela qu'on attend avec impatience le passage du chasse-neige au petit matin d'hiver, qu'on est heureux de pouvoir bénéficier de deux magasins d'alimentation bien achalandés, d'avoir des restaurants ouverts toutes l'année [au moins 1 chaque jour entre saison], qu'on n'a même pas besoin de courir jusqu'au fond de la vallée pour un service médical ou de bien-être [ça fait vite la demi-journée la consultation], on comprend à quel point une masse de population critique est essentielle pour nous assurer ce minimum. Encore un dentiste et un vétérinaire à Vissoie ou plus haut et on n'a même plus besoin de sortir de la vallée, hormis pour changer d'air.

Or, l'inverse peut tout autant se produire. Que se passera-t-il dès cet hiver à Bourg-St-Pierre, dont les remontées du Super St-Bernard ne fonctionneront pas? Non seulement du personnel des pistes au chômage, mais des établissements hôteliers fermés? Un village à la dérive? Une population, hôtes compris, qui perd tout?

Anniviers s'est donné les moyens d'avancer et de prospérer. Que vous le vouliez ou non, c'est pour ça que vous y passez régulièrement votre temps et que votre chalet de vacances - murs blancs, toits de bardeaux - vaut son pesant de bois. Un investissement? Nos remontées en font de même et, par ricochet, leurs retombées sont aussi les nôtres.

Ce week-end, Zinal a fêté son cinquantenaire touristique contemporain. La station était bien connue du tourisme de la Grande Epoque. Après avoir failli disparaître [ou retourner à sa vocation première de mayen], elle a miraculeusement refait surface. Si bien qu'aujourd'hui, une jeune personne n'aura connu de cette localité qu'un village plein d'énergie et toujours dans la course.

En s'alliant économiquement, les instances touristiques de notre vallée ont assuré leurs arrières, nous avions rattrapé le XXème siècle avant son achèvement. En s'alliant politiquement ensuite, notre destinée commune nous permet d'agencer nos conditions-cadres de manière raisonnée, pour un mieux vivre désormais. C'est aussi ce à quoi tendra la réalisation de la liaison entre Zinal et Grimentz.

Que les sceptiques se renseignent. Ou attendent que l'avenir le leur prouve. C'est ce qu'on a trouvé de mieux à défaut de pouvoir se contenter d'amour et d'eau fraîche.

Pour l'occasion, c'est avec plaisir qu'on prend connaissance du compte-rendu de Pascal Claivaz dans les colonnes du nouvelliste d'aujourd'hui. En annexe.