Comme chacun le sait, n'est-ce pas..., le vent à l'assaut des montagnes se refroidit et se délaisse de son humidité. Ceci se passe de l'autre côté de nos montagnes.

On leur envie pas le mauvais temps.

Il franchit ensuite nos monts et se lance à l'assaut de notre vallée. En chutant de pareille manière, il se tempère à mesure qu'il prend de la vitesse.

C'est ainsi que le foehn est synonyme pour nous de vent chaud.

Sa vigueur aidant, il chasse du même coup toute basse pression susceptible de nous envahir par son chemin habituel: l'ouest. Résultat: tant qu'on a du foehn, pas de mauvais temps. Or, comme il s'agit d'un vent chaud et que ce dernier peut sévir en tout temps, il nous inquiète parfois en hiver car il fait usuellement fondre la neige.

En principe, ce vent souffle de manière tempétueuse en plaine [vallée du Rhône] et sur les crêtes des montagnes. Pour nous, Anniviards des fonds de vallée, il nous faut parfois un voyage intempestif sur Sierre ou Sion pour nous en rendre compte au moment d'ouvrir la portière du véhicule. Le coup y est alors abrupt.

Ce vent est assez mal perçu par la population pour ses effets: arthrose, maux de tête, il réveille tous les démons sur son passage. C'est donc en arrivant à Sierre qu'on en découvre parfois la cause véritable.

Aujourd'hui à Grimentz, le vent est terrible. La forêt de Zirouc est secouée de toute part. Celui, qui de son balcon, en admire le balancier aura tôt fait de détourner le regard pour ne pas succomber au tournis, croyant avoir un peu trop forcé sur l'apéro.

Et cet après-midi, c'est l'immense croix de l'église, celle qui domine notre village de ses pales, qui se faisait balloter de manière assez douteuse:

A l'instant précis, ce vent fait remonter une épaisse fumée depuis... la plaine? Pourvu que ce ne soit pas trop grave, ce qui fut pourtant le cas au début des années 2000.

On était à fin avril. Le temps était au beau fixe depuis des jours. La température battait des record, l'herbe était sèche, sèche, sèche. Et le foehn se leva soudain.

Ce que tout le monde craignait.

Des avis de prudence avaient été lancés à travers tout le canton, mais cela n'avait pas suffi. Une brindille prit à la sortie de Sierre, au pied de la route du Val d'Anniviers et la Forêt de Finges s'embrasait d'un seul coup.

Le foehn attisait les brandons et le feu continuait de se propager, sautait d'une rive à l'autre du fond de notre vallée en direction de l'ouest et reprenait de plus belle à Briey, au-dessus de Chippis.

Ce soir-là, le paysage depuis Sierre et la rive d'en face, la "Noble Contrée" [la rive sur laquelle se perche Crans-Montana] était dantesque. L'âme au fond des chaussettes, la population entière a sans doute tous passé sa soirée à observer le bal des hélicoptères, la progression du foyer et une nuit... blanche. :-o

En théorie, le foehn se compte à triple. S'il n'a pas cessé au soir du premier jour, on est parti pour 3 jours. S'il se lève encore le 4ème jour, on est bon pour 6 jours. Et ainsi de suite.

Là, ça fait 2 jours.

Ceci était le foehn expliqué pour un anniviard de coeur. Et voici le foehn expliqué pour les autres.