Vous asséner ironiquement qu'il en prendra tout autant durant ces 2 prochains mois pour rallier le même point bien que locomotionné... ok, c'est trop facile... Mais il y a bien de quoi être loco tout court. ;-)

Du printemps à l'automne, la famille était coupée en deux. Une partie effectuait les travaux de la vigne et les foins en plai- ne, l'autre partie montait dans les mayens avec le bétail. On passait l'hiver à Grimentz, après avoir vécu la Sainte-Catherine.

La Sainte-Cath demeure aujourd'hui encore un point d'ancrage majeur dans la vie communautaire des valaisans du centre et aujourd'hui encore on passe l'hiver à Grimentz après avoir vécu... Saison touristique oblige.

L'oncle Henri? C'était l'un des plus petits sur la photo. On peut pas dire qu'il en reste beaucoup, aujourd'hui. Et pour cause. L'année dernière, nous fêtions les 95 ans de l'une de ses soeurs, les 90 d'une de ses belle-soeur aujourd'hui disparue, tout comme l'épouse de l'oncle Henri d'ailleurs; mais encore, nous évoquions les souvenirs des grandes soeurs qui situaient même la date de la première photographie familiale et causaient des mêmes transhumances que l'oncle Henri à l'occasion de ses nonante ans.

L'oncle Henri n'est pas le seul Anniviard a avoir posé ses valises dans son appartement de la plaine. Nombre de retraités en ont fait de même. Il en est de plus ou de moins mobiles. L'oncle Henri l'est moins, désormais, mais certains naviguent entre leur vie sociale et communautaire en Anniviers et celle, quotidienne, en plaine. L'idée de construire un home pour personnes âgées leur paraît dès lors plutôt saugrenue. Eux, s'il le faut, conserveront le cap de la plaine, si familière, car cette éventualité leur est préférable à celle de finir leurs jours à la Combaz ou Cuimey ou quelque autre localité de la vallée. On se côtoyait beaucoup moins entre villages de la vallée et les rivalités avaient souvent cours, alors que nos générations ont désormais la chance de fraterniser sur les mêmes bancs d'école à Vissoie, d'aller chercher le soleil à Chandolin, la farine du pain à St-Luc, d'aller à la piscine à Zinal, au foot à Mission, à Pinsec chercher les oeufs, à St-Jean s'en fumer une et à Grimentz prendre quelques courts d'anglais. :mrgreen:

A y regarder de plus près, ils sont plusieurs dans la famille à avoir plutôt vécu en plaine.

Enfin, voilà quoi... tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes, quelle que soit l'époque. A relire l'oncle Henri [petit article du JDS en annexe], on y décèle pas tant de mauvais souvenirs!