Une vallée typiquement paysanne menacée par l'exode rural. Tourisme ou décentralisation industrielle pour enrayer ce terrible phénomène? Forte d'une longue tradition touristique, Zinal avait entamé, en cette année de 1966, de grands travaux.

Un plan de zonage mis sous toit une année auparavant offrait de moderniser le vallon tout en sauvegardant la valeur traditionnelle du vieux village.

L'aménagement mécanique était d'idoine manière en cours. Un super téléphérique transportant 750 personnes à l'heure, soit 80 places par cabine pour mener à 3 téléskis en construction. Ouverture d'exploitation prévue: 15.12 66.

Rémy Theytaz nous raconte tout dans son interview de l'époque, un petit film de 3 minutes 23 à peine:

La suite on la connaît. Zinal a entre-temps développé son champ de piste et changé ses cabines. A plus de 40 piges, elle a choisi de se fiancer et s'est lancée dans une liaison bien entamée afin de planifier l'événement avec l'espoir de pouvoir vous soumettre sa liste de mariage puis de consommer le tout d'ici à... disons... 2 ans à peu près...?

Pour les petits, on repassera pour l'instant. Faut pas brûler les étapes.

Bon, ben, pour l'instant je sais bien: vous vous en fichez comme de l'an quarante. Et pour cause, vous êtes tous en vacances, sur les pistes. Alors profitez-en! 8-)

Une transformation pour offrir des possibilités de vie, selon les dires même de Rémy Theytaz. Petite illustration par l'exemple grimentzard.

En 1910, notre village comptait 237 habitants. Comme en 1920. 30 ans plus tard, soit en 1950, ce chiffre se cassait la gueule pour toucher le fond: 191 personnes. La guerre entre deux n'y est pour rien, à ma connaissance, et les grippes espagnole, porcine ou volatile non plus.

Mais, notre village, à l'instar de Zinal dans ce reportage, reprend des couleurs. Nos remontées mécaniques tournent elles aussi à plein régime depuis 1968 [le petit téléski de la Combâche n'était plus tout seul s'il n'est pas carrément supplanté] et la courbe du nombre d'habitants grimpait dans le nouveau télésiège: 270 habitants! Pourtant, ce chiffre ne se stabilisait chez nous qu'avec les années quatre-vingts.

Des clopinettes, pour vous? C'est sûr qu'on n'est pas à Paris. En extrapolant, c'est comme si on se prenait 400'000 habitants d'un coup, pour garder la même comparaison. Tout de même, hein!

A Grimentz aujourd'hui, nous avons désormais franchi la barre des 450 habitants, permis B et C compris. Et je crois que Zinal en a tout autant.