Avant d’être élevée au rang d’épreuvede référence, le Patrouille des Glaciers (PDG) a eu une enfance difficile. Née durant la Mobilisation d’une idée des capitaines Rodolphe Tissières et Roger Bonvin, elle n’a pas eu le temps d’arriver à maturité. Après seulement deux éditions, la troisième, en 1945, fut annulée en raison de l’opposition de la population helvétique, plus très encline à servir la patrie après la Seconde Guerre mondiale. «En 1946, nous avons d’ailleurs tous été exemptés du service militaire, se souvient Aurel Vouardoux, vainqueur de la deuxième Patrouille des Glaciers, en 1944.
Le sort semblera vouloir s’acharner sur cette traversée du Valais par les hauts. Aurel Vouardoux, 87 ans, se souvient du dimanche 10 avril 1949: «Entre Tête-Blanche et Bertol, la patrouille des militaires des Dranses, formée par Maurice Crettex, Robert Droz et Louis Thétaz, disparut dans une crevasse. Le jour de ce terrible accident, je m’étais aligné sur une épreuve plus courte, je n’ai pas pris le départ de Zermatt. Quand j’ai appris la nouvelle, j’étais anéanti: je venais de perdre mon ami Robert. Un mois auparavant, lors d’une compétition en Autriche, je partageais la même chambre que lui. Je me suis tout de suite porté volontaire pour participer aux recherches; c’était le moins que je pouvais faire.» Les corps des malheureux ne furent retrouvés que huit jours plus tard. Mais ce drame attisa la controverse sur l’utilité d’une telle prise de risques. Alors le Département militaire fédéral interdit la course, pendant trente-cinq ans...
Dès le milieu des années 1970, l’aventure de la Patrouille des Glaciers titilla à nouveau les passionnés de montagne. Cependant, c’était encore trop tôt, le projet n’était pas mûr. Dès lors, le concept a été peaufiné jusqu’en 1984.
Depuis, le rythme d’une organisation bisannuelle a été défini. La participation atteint des records, avec près de 4000 patrouilleurs. Les meilleurs spécialistes de ski-alpinisme du monde y participent en grand nombre.

Descente en rappel
Aurel Vouardoux suit les PDG du XXIe siècle d’un oeil amusé: «Plus rien n’est comparable. Nous portions un paquetage de 15 kg, en utilisant des skis sur lesquels il fallait coller des peaux de phoque. Un système qui n’était pas vraiment efficace. Nous avions également notre mousqueton et une séance de tir obligatoire à 120 mètres, du côté de Médran.»
En 1944, sa patrouille avait mis 13 h 16’ pour relier Zermatt à Verbier, sur un tracé alors différent: «Nous passions par le Pas-de-Chèvre. A la descente, nous avions l’interdiction d’utiliser les échelles: nous effectuions les 30 mètres en rappel.»
Du 16 au 19 avril prochain, point de tirs au fusil ou de descentes en rappel. Mais un record à battre sur le grand parcours: les 6 h 18’ 58’’ du trio franco-italien composé de Stéphane Brosse, Patrick Blanc et Guido Giacomelli…

Le supplément du NF d'où sont tirées ces lignes. Page 3.


Le JDS détaille, quant à lui, avec force détails l'histoire de l'Oncle Aurel car il s'adresse bien sûr à un public plus averti en la matière. Amateurs d'images fortes, régalez-vous!

De plus, la TSR nous offrait hier soir pile-poil le résumé historique des patrouilles depuis les débuts de la course. Une vision romande assez émouvante qui complète très bien ce qui a été écrit et lu intra-canton. Le reportage ou le reportage.