En effet, un jeune couple démarrait ses activités et par là-même celle de l'office de tourisme de la station. C'était en 1968. Elle terminait de bonnes études, lui avait derrière lui son apprentissage de coiffeur. Comme Elisabeth mais juste un peu auparavant, ils s'installaient. L'OT presque tel que vous le connaissez aujourd'hui a donc de tout temps existé. Seule l'annexe du chef et accessoirement salle de conférence, la partie où nos hôtes ne se baladent pas impunément ni sans invitation, était à cette époque-là - je vous le donne en plein dans le mille - un salon de coiffure!

Avant l'arrivée d'Elisabeth, un dénommé Jean-Jacques officiait comme Figaro dans notre village [y paraît que je devrais m'en rappeler]. Elle y pratiqua, et ceci à l'aune de ses souvenirs imprécis, 2 ans avant de prendre le large et de s'installer à l'autre bout du village. C'était la même année que celle de son mariage et de cette date elle s'en rappelle, Dieu merci, précisément: en 1975.

Une enjambée plus loin, nous sommes en 2008. Elisabeth reprend le large, mais pour quitter ses fonctions, désormais.
Elle ferme boutique ce soir.

A l'heure des adieux, elle est réaliste face à sa profession qui a bien évolué. Personne n'a repris son commerce et elle se rend bien compte que le travail au rythme saisonnier d'une station n'offre pas les avantages d'un exercice de ses fonctions régulier. Elle vous cause aussi volontiers des changements de mentalité et d'habitude qui se sont opérés sous son ère, de la mise en pli hebdomadaire au brushing, voir à la manucure et aux soins esthétiques.

Dès ce soir, le local est à reprendre et ses fidèles clients s'en iront ailleurs - sur ce point, Marthe hausse les épaules avec fatalisme. A Zinal, à St-Luc ou à Vissoie dans la vallée. Ailleurs, encore.

C'est pas pour autant qu'Elisabeth part en retraite. Sans avoir d'idée très exacte sur la question, elle garde un esprit largement ouvert pour envisager de suivre des cours d'informatique, pour seconder son mari dans l'administratif ou même pour officier sur les pistes et assurer le remplacement du personnel des installations à midi, "donneuse de cannes" comme elle dit en rigolant. Sauf que les cannes sont aujourd'hui remplacées par des télésièges et que les cabanons sont équipés d'ordinateurs. En profitera-t-elle pour potasser ses cours? :-D

On est pourtant sûr d'une chose: c'est les cheveux au vent qu'elle continuera son petit bonhomme de chemin!


PS. La chaise est un vestige d'époque qu'Elisabeth a fièrement pointée du doigt, quasi une pièce de musée qui réveille en chacun de nous de sacrés souvenirs.