Sierre, la Cité du Soleil. Ses armoiries en attestent. Le climat intra-alpin du Valais central tendrait à le confirmer. Et l’image est connue, au-delà des frontières valaisannes. Même l’encyclopédie en ligne Wickipedia relaie ce lieu commun sur celle qui est «réputée pour être la ville la plus ensoleillée de Suisse». Mais dans les faits, existe-t-il des données climatiques qui entérinent ce titre très envié symboliquement et porteur économiquement? Pas vraiment. Disons, pas encore.
Il fallait donc en avoir le coeur net, traquer le moindre rayon de soleil, brandir la preuve mathématique irréfutable. «D’un point de vue marketing, nous trouvions très intéressant de pouvoir revendiquer ce statut de ville la plus ensoleillée de Suisse par rapport aux tessinoises comme Locarno ou Lugano », reconnaît le directeur de l’Office du tourisme sierrois, Vincent Courtine. Surtout pour des campagnes publicitaires très prometteuses en Suisse allemande. Veyras n’étant pas moins ensoleillé que sa voisine de ville, c’est Sierre Anniviers Tourisme (SAT) et plus largement Coeur du Valais qui couve le dossier. Ou plutôt son embryon. «Le projet en est à ses débuts et le procédé est complexe», confirme Emilie Morard, de SAT.

Sierre comparable à Nice
Les instances touristiques régionales ont donc demandé au directeur de Meteorisk d’émettre des propositions. Robert Bolognesi juge la démarche très bonne, tout en nuançant. «L’argument climatique est fort. Par contre, mettre en avant le plus important taux d’ensoleillement ou le plus faible taux de précipitation est une mauvaise idée.D’une part, nous n’avons pas les 150 ans de recul nécessaires à esquisser un profil climatique d’une extrême précision.D’autre part, en données comparatives, les écarts se monteraient à quelques petites minutes ou les précipitations à quelques millimètres par rapport à d’autres régions.» Sur son site internet, l’Office du tourisme de Sierre, Salquenen et environs vend le produit «Chemin du vignoble » en précisant qu’il bénéficie d’un ensoleillement de plus de 2000 heures et de moins de 600 mm de précipitation annuelles.
Le spécialiste propose de retenir des indicateurs plus intéressants et plus parlants pour le public. Comme le nombre de journées consécutives de beau temps, la fréquence des précipitations ou le vent, davantage révélateurs du climat local. «Au niveau des chiffres, le climat équatorial fait rêver. Il n’est en revanche pas si agréable d’y habiter. Par contre, si l’on dit qu’en termes d’ensoleillement et de précipitations, Sierre est comparable à une ville de la Côte d’Azur comme Nice, on comprend et on communique mieux le climat sierrois.» La mise en place d’un réseau de récolte de données statistiques s’avère long et fastidieux. Un grand travail aux coûts jugés «importants». L’étude, non encore attribuée, devrait démarrer cette année. Lorsqu’on sait que le manque à gagner des remontées mécaniques valaisannes l’hiver dernier, en raison de prévisions météo inexactes, a été estimé à quelque 5,8 millions de francs par des chercheurs de la HES-SO, on se dit qu’investir dans le marketing climatique ne peut qu’éclaircir l’horizon du long terme. Phoebus n’a qu’à bien se tenir.

La question suivante relève de la bonne utilisation commerciale et marketing de ces données afin de ne pas faire de l'ombre ailleurs... avec notre soleil. L'article complet ici.

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