Protéger la nature et garantir la pérennité des remontées mécaniques c’est possible! Pour la première fois dans notre pays, une planification globale d’un domaine skiable (lire ci-dessous) arrive au terme de toutes les procédures officielles. Et c’est la station de Zinal qui en est la principale bénéficiaire.
La Société des remontées mécaniques anniviarde a en effet décidé de prendre son avenir en main et a élaboré un plan de développement sur quinze ans avec Pro Natura, le WWF et le Service cantonal d’aménagement du territoire. Un accord historique, accepté par l’assemblée primaire d’Ayer au printemps 2006 et homologué par le Conseil d’Etat en juin dernier, qui prouve que nature et tourisme peuvent cohabiter sur le même territoire.

Pas de conflit
«Dès le début 2002, lorsque nous avions décidé de remplacer le téléski de la Corne par un télésiège, nous avions pris la décision de faire participer les organisations écologiques», explique Pascal Bourquin, directeur de la Société des remontées mécaniques de Zinal (RMZ). «A ce moment-là, ces associations de protection de la nature nous avaient suggéré de nous pencher sur le développement à long terme du domaine skiable.»
Ce que la société anniviarde a rapidement fait. Une année plus tard, en 2003, elle signe une convention avec Pro Natura et le WWF afin d’établir une planification globale du domaine skiable de Sorebois pour une durée de quinze ans. «Nous nous sommes rencontrés à plusieurs reprises et avons exposé les souhaits de chacun. Nous n’étions pas toujours d’accord sur certains points, mais il n’y a jamais eu de conflit. Nous avons toujours réussi à trouver des alternatives qui satisfassent les deux parties», affirme le directeur de la Société des remontées mécaniques. Des concessions ont été faites des deux côtés. Les RMZ ont notamment dû sortir du domaine skiable 90% de la zone marécageuse, déplacer certaines installations et reconsidérer les développements futurs.

Sauvegarde
Du côté de Pro Natura, on a pu sauvegarder les zones à forte valeur naturelle comme les marais et les lisières de forêts à tétras et gibier. En contrepartie, les écologistes ont accepté qu’une piste traverse un marais. «Tout le monde est gagnant de se mettre à la table des négociations », souligne Thierry Largey de Pro Natura. «Plutôt que développer au coup par coup un domaine skiable et d’engendrer chaque fois des dommages au paysage, plutôt que de travailler dans l’urgence et d’entrer dans des procédures qui fâchent, il est préférable d’aborder tous les projets globalement en prenant le temps de la réflexion et de la discussion.»

Les marais et les sites à tétras sains et saufs
Dans le cas de Zinal, et les remontées mécaniques et Pro Natura ont obtenu les garanties qu’ils étaient venus chercher, à savoir une protection de la nature là où elle est la plus riche et la plus sensible et la pérennisation des activités. «C’est la preuve qu’on peut collaborer avec les organisations de protection de la nature», ajoute Jean- Albert Melly, conseiller communal à Ayer. «Elles ne sont pas là que pour faire des oppositions, mais bien pour nous apporter leur savoir.» Pro Natura travaille sur d’autres projets similaires en Valais, notamment à Grimentz, Chandolin, Crans- Montana, Zermatt, Ovronnaz et les Portes du Soleil. Le développement durable étant particulièrement à la mode.


La planification globale, kesako?
La planification globale d’un domaine skiable consiste à définir le développement, à moyen ou long terme, de ce domaine, de telle manière qu’il prenne en considération les besoins économiques et ceux de la nature. Elle repose sur les règles de l’aménagement du territoire et sur des principes juridiques et pragmatiques. En effet, la loi fédérale sur l’aménagement du territoire dicte que les activités qui ont des effets sur l’organisation du territoire et sur l’environnement doivent être planifiées spatialement. Dans ce sens, une activité comme le ski qui implique diverses infrastructures et aménagement (installations, restaurants, canons à neige, bâtiments, etc.) doit faire l’objet d’un plan d’aménagement détaillé et non être délimité par une zone unique et générale. C’est ce qui a été fait pour Zinal. Concrètement cette planification globale comprend un plan des installations qui pourraient être construites dans les quinze ans à venir, un plan d’aménagement détaillé (PAD) qui précise chacune des zones du domaine skiable avec son étendue et un règlement pour chacune de ces zones du PAD détaillant son utilisation. C’est cette planification globale qui a été pour la première fois homologuée par le Conseil d’Etat.


Bon, là, maintenant, on retourne à nos télés. Christophe Blocher a été battu à l'élection du Conseil Fédéral. Coup de tonnerre! La Suisse consensuelle sanctionne les troublions!! Suite dans les médias...