Grimentz mue. Grimentz évolue. Si c'est dans le bon sens, l'avenir nous le confirmera, mais l'Immoblog en est convaincu.

Tout d'abord, la navette.

Je vous en avais parlé dans mon message du 9 février dernier. 2 lignes aux couleurs du drapeau Grimentzard, une jaune une bleue, encadrent le village. 2 navettes sillonnent donc journellement à travers nos routes à cadence soutenue. Beau temps mal temps, elles effectuent leur rotation du matin au soir, moyennant une petite pause vers 13 heures.

Il y a 2 jours, partis à pied pour Bendolla car le temps n'était pas beau (enfin, si justement, il neigeait à gros flocons), nous avons inopinément et avec beaucoup d'ironie sauté dans le minibus au croisement de la route des Fioz pour grimper de 2 arrêts jusqu'aux Amis de la Nature, terminus. Tout le monde est par conséquent descendu. Les skieurs, quant à eux, attendaient de pied ferme pour faire le trajet inverse. Depuis là, la route s'est poursuivie à pied.

Le bus navette rencontre apparemment grand succès. Tant qualitatif que quantitatif. Sur le plan de la qualité, c'est tout les avantages réunis en ces 2 véhicules. A l'arrivée de nos clients à l'agence, nous leur en parlons à profusion et sans peiner pour les convaincre de garer leur voiture pour toute la durée de leur séjour. Plus besoin de chercher matin et soir des places de parc, inutile de traîner skis ou cabas, ni de vérifier l'heure exacte du passage du bus car il y en a plus que régulièrement ou de rallier dans la précipitation l'arrêt le plus proche. Il suffit de le héler à son passage pour entendre crisser les freins. La pompe à essence est reléguée à des souvenirs d'un autre temps pour nos vacanciers. Moins de cohue, moins de pollution, moins de tracas, moins de perte de temps.

Nous avons bien croisé une ronchonneuse qui s'était trompée de ligne, mais il semblerait que tous les désavantages du ciel invoqués soient plutôt dûs à sa mauvaise humeur et non à des faits à vérifier en fin d'exercice quoi qu'il en soit. C'est en tout cas jusqu'à présent la seule personne qui se permettait de râler. Ramenée à la bonne bifurcation, elle affirmait être plus rapide à pied pour terminer sa route. Le bus de la ligne jaune lui est passé à côté 20 mètres plus loin. Fière et coriace, elle ne lui a même pas jeté un regard. Nous, nous étions heureux et ravis de rentrer dans nos foyers respectifs avec le sentiment d'avoir fait une belle excursion tant elle était chaleureuse. Quoiqu'il en soit, le bus était bien plein et, à l'arrêt, le chauffeur volubile s'est empressé de descendre pour aider une dame en béquilles ou déposer une petite fille en chaussures de ski sur le coin de la route. Tout le monde était souriait.

Sur le plan de la quantité, les chiffres se sont à plusieurs reprises incurvés jusqu'à 4xx pour dénombrer les personnes à avoir abusé d'une seule navette à chacun de ces jours!!! Quel sera le bilan final, nul ne le sait encore, mais au vu de ces premiers chiffres on se réjouit des conclusions de l'opération.

Concrètement pour notre bureau, c'est toute les distances du village qui se raccourcissent. En effet, si en été les chalets sont bien occupés sur les abords du village, en hiver ce sont les résidences à proximité des pistes qui cartonnent. Mais avec les navettes, les logements situés dans des coins fort agréables, tranquilles et ensoleillés, reprennent avec intérêt des galons. C'en est presque trop beau pour être vrai!

Seule remarque à formuler jusqu'ici: la pause des chauffeurs (13-14 heures) coïncide avec le retour des enfants de l'école de ski. On prend note.

Qu'en sera-t-il à l'avenir? Aurons-nous dès l'année prochaine nos navettes pour les 4 mois d'hiver? Qui en assumera les frais? Cette question a été évoquée hier soir à l'assemblée primaire extraordinaire.

Cette assemblée avait avant tout pour but de confirmer ou d'infirmer le projet d'un complexe hôtelier 4 étoiles dans la zone des Guernerés, soulignée d'un grand rond rouge sur la photo.

Ce complexe se compose de 2 parties, une zone de chalets traditionnels - simples et doubles - et 2 bâtiments hôteliers accolés l'un à l'autre dans leur longueur et reliés par une verrière sous laquelle circulera un funiculaire afin de desservir les étages. Nous nous en tiendrons à cela sur le projet pour le moment, mais l'idée est si audacieuse qu'elle ne laisse personne indifférent. Et surtout personne dans l'incertitude quant à ses goûts, tant et si bien que le débat fut fort fourni et les craintes des opposants exprimées de vive voix!

Pourtant, le sujet n'était pas tant "j'aime-j'aime pas", mais un hôtel 4* ou non? Un hôtel de plus? Non! Une position marketing-cible différencée pour compléter nos acquis, un projet audacieux pour se démarquer, un complément de lits et de services qui nous permettraient d'atteindre, en tant que station d'accueil, une masse critique intéressante.

L'heure était enfin venue de voter le projet. Un frisson a parcouru l'assemblée, clairement perceptible bien que silencieux. Une à une, les mains se sont levées. Avec 1 opposition et 2 abstentions, le projet a finalement fort bien passé la rampe. Et l'atmosphère est retombée immédiatement. La suite de l'assemblée tenait de la récréation.

Si tout va bien, donc, rendez-vous dans un peu plus de 2 ans dans le hall de notre nouvel hôtel pour son inauguration.

P.S. Image typique de l'assemblée primaire selon la vision de l'Immoblog:
... mais cette dernière se termine invariablement autour d'un sanglier, le barde bien ficelé à son arbre :-D