Au pied de la grue
Par Nicole le Dimanche, 12 août 2012, 19:42 - Curiosité locale - Lien permanent

Plus jamais je n'ironiserai sur la trépidante activité d'un grutier.
La journée avait magnifiquement débuté. Une bonne nuit de sommeil pour une meilleure maîtrise de mes nerfs, un temps clair et un soleil magnifique. Mon arrivée sur le chantier se voulait discrète. Elle a été saluée par de grivois mais sympathiques Alors, Nicole, t'as mis les pantalons, aujourd'hui?
Tiens, on connaît bien mon habitude estivale, dans ce village...
Préparation du matériel, GoPro arrimée au baudrier improvisé [le support qui va sur les casques], appareil-photo chargé et carte SD vide, petit appareil pour la vidéo, tout est passé en revue en attendant Stéphane S. pour attaquer l'escalade. Le reste de mes affaires est abandonné sur place, je ne m'en soucie pas trop.
Sur le conseil avisé de Stéphane - s'enfiler Ici, c'est le plus difficile
- je me faufile sans peine à sa suite parmi les barres métalliques dans les entrailles de la bête. Nous y voilà. Elle mesure à peine moins de 40 mètres et pèse bien plus lourd que moi. Elle ne devrait donc pas basculer sous mon poids. Je regarde tout en haut sans trop y réfléchir. Le souvenir de l'escalade de l'échelle des pompiers me revient en mémoire, puis s'efface.
Nous attaquons vaillamment la montée. Un échelon après l'autre, un centimètre après l'autre.
Soudain, je me rends compte que l'échelle, à 90°, est raide. Ce qui donne l'impression de basculer vers l'arrière. Je devine le vide qui s'allonge en-dessous de moi et je sens le poids de ma carcasse tirer sur mes biceps tout juste assez costauds pour tenir un guidon et taper au clavier [j'ai toujours rêver de faire de l'aviron
].
Aux premières barres [excusez mon vocabulaire] transversales, Stéphane s'arrête et se retourne. Cramponnée à mes échelons, j'en fais de même. Nous sommes à la hauteur du 2ème étage de l'hôtel Alpina. La vue sur le village est jolie, certes, mais ce petit tour d'horizon me fait prendre conscience de certaines réalités, encore accentuées par la profondeur du trou du futur contrepoids [photo] et le vide sous mes pieds.
A bien y réfléchir, la montée pourrait se poursuivre encore un bout, la peur au ventre. Or, nous ne sommes qu'au quart de la grimpette. Et même si d'aventure j'arrivais au sommet, serais-je seulement en mesure de redescendre sans devoir appeler l'hélitreuil ou d'attendre la nuit? La réponse était claire et les bras tiraient: je n'avais pas songé à prendre le pique-nique.
Vissée aux échelons, je confie ce que je peux de mon matériel-photos à Stéphane qui se prête au jeu de bonne grâce [admirez ma grimace, mais ok j'assume]. L'issue était inévitable, restait à savoir où j'allais m'arrêter. Question que je me gardais bien de lui poser.
Il poursuivit seul le long chemin. Sa progression était leste et rapide. Puis, il disparut dans la cabine pour réapparaître peu après sur le pont ou le bras de la grue, puis redescendre. [photos]
C'est donc à Stéphane [dernière photo] que nous devons les clichés aériens ici présentés, bravo!
NB. Je remercie tous les gars du chantier qui se sont donné la peine de m'ignorer! Quant à moi, j'ai eu été plus fière que ça...
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Commentaires
Eh bien Nicole, vous savez qu’avant vous, dans l’Histoire de cette humanité-ci, personne n’a immortalisé le village, sous cet angle, vous entendez ? Personne !
Et ça, il fallait y penser, il fallait l’organiser, et, surtout, il fallait le faire. Oui parce que ce n’est pas donné à tout un chacun d’escalader une structure de cette hauteur, tout comme ce n’est évident pour quiconque de descendre dans un gouffre, ou même que de s’engager dans la galerie asséchée d’une voie d’eau.
Mais notre « Nicole », elle, elle y va. Personne ne l’y oblige, c'est cadeau! Et de ce côté-ci de l’écran en quelques clics, nous voici au sommet de la grue, regardant le village comme personne ne l’a jamais vu, sans avoir à nous soucier de cette échelle verticale qu’il va falloir redescendre et si possible sans perdre pied.
Moi, je les trouve fantastiques, ces personnes, somme toute assez rares, qui n’hésitent jamais devant le partage, qui vont de l’avant avec l’idée permanente d’offrir. Ça peut prendre du temps, ça peut prendre des ressources, des moyens, qu’importe, elles y vont, pour un résultat qui est bien au-delà du virtuel, ou de la théorie.
Et c’est vrai que dans un tel contexte, ben oui, la porte d’entrée dans un exécutif, il faut l’ouvrir tout en grand.
le 'tit Cornier
Les honneurs à Stéphane! C'est lui qui est monté.
Quant à moi, je garde de tout ça un petit arrière-goût de frustration de ne pas y être parvenue, mais je digère..
Par contre et mis à part qu'on aurait pu saboter l'échelle sur mon passage
, je n'ai à aucun moment lié cette affaire à un éxécutif. Ce sont là des mondes distincts.
Merci pour votre reconnaissance, en tout cas.
Bien le bonjour.
Nicole ne serait-elle pas atteinte d'un syndrome "COSMOTIQUE" (*) quelconque. S'élever, toujours plus haut !
Payer ainsi de sa personne, il faut le faire !
En tout cas, ça fait de jolies photos à partager sur le blog.
(*) y voir peut-être un lien avec ses loisirs théâtraux du mois dernier. Qui sait ?
Belle journée. Alain.
Deux mondes distincts ?
Mouais !
Peut-être !
Mais quand on trouve quelqu'un qui sait parfaitement dessiner des traits d'union entre des "mondes distincts" comme vous dites, eh bien, la chose à faire absolument, c'est de l'encourager à poursuivre, à persévérer sur la lancée dans cette notion.
Alors, concrètement, vous avez rapproché, sur un seul billet, le village, le paysage, la construction, les remontées mécaniques, en y ajoutant de la motivation, du dialogue avec votre guide du moment, etc. Partant de là, ben oui quoi, à l'heure actuelle, on ne ferme en principe plus la porte à celles et ceux qui savent faire fonctionner aussi bien la communication autre que celle qui prévaut particulièrement en comptabilité financière ou analytique.
Et avec près de 250 ouvertures de billet en 24 heures, je crois aussi que le trait d'union soit gentiment en train de se prolonger jusque dans le coeur des visiteurs. Il n'est dès lors plus question de cloisonner les "mondes distincts". Surtout lorsque ça ressemble étrangement à un tout en formation.
le 'tit Cornier
Chère Nicole,
ou la peur de glisser entre les barres d’acier
, je me pose une question bien plus terre à terre.
Au-delà de l’envie de vous narguer pour cette paralysie survenue au beau milieu de votre escalade et de vous demander si c’est le vertige qui vous a pris
Des grues-tour, j’en ai déjà vu des centaines. De toutes les hauteurs, de toutes les couleurs, avec des monteurs tous plus fous les uns que les autres. J’en ai même vu un qui accrochait une guirlande de Noel sur les câbles qui soutiennent le bras horizontal de l’engin, sans le moindre équipement de sécurité, bien entendu.
En fait, la question que je me pose en voyant ce chantier est plutôt simple : comment a-t’on fait pour hisser tout ce lourd matériel jusque Grimentz ? La route du val d’Anniviers n’est pas vraiment une autoroute bien rectiligne. Existe-t-il des photos de cet impressionnant convoi escaladant les « contours de Niouc » par exemple ?
C'est tout convoyé par éléments séparés et assemblé sur place au moyen d'une grue télescopique montée sur un camion spécifique.
Sur quelques-unes des images de la galerie, vous pouvez voir le camion grue ainsi qu'une partie du montage de la grue de chantier.
Le travail nécessitant le plus de prudence est sans doute celui du machiniste du bras télescopique et il sera suivi de très proche par celui des personnes qui font l'assemblage des éléments là où le machiniste les amène.
Quant aux personnes qui, comme vous l'expliquez, installent les décos lumineuses, celles-là elles ont pour certaines d'entre elles le mérite de faire serrer la vis de la sécurité sous un couple pesant de tout son poids sur l'élaborations des règles de la prévention contre les accidents dans les entreprises. Car même si c'est du domaine non professionnel, certaines conséquences de ces comportement sont imputées sur le compte de l'employeur de ces cascadeurs d'occasion.
De plus, une chute depuis une bordure de toiture, depuis le haut d'une grue, ou d'un arbre, ça peut changer dramatiquement le niveau de mobilité de la victime. Partant de là, est-ce que le jeu de la déco énergivore vaut vraiment la chandelle d'une paraplégie ?
Bonjour Z21 et merci pour le commentaire.
Je partage totalement votre opinion sur la sécurité et abonde dans votre sens. On n'est jamais trop prudent.
Je crois que vous n'avez pas compris totalement le sens de ma question.
Je sais que ces engins sont transportés en pièces détachées tels des légos géants sur des camions de bonnes tailles, généralement des semi-remorques. Quant à la grue télescopique, j'imagine très bien sa taille imposante. J'imagine aussi que pour amener tous ces éléments à Grimentz, une trentaine de camions ont certainement été nécessaires et je ne suis pas sûr que ce fut assez.
Mais, connaissant la taille des camions, la sinuosité de la route du côté de Niouc, ou à proximité de la centrale de Vissoie, je me demandais comment les conducteurs de ces engins avaient fait pour mener à bien leur mission. Et aussi si des photos de ce convoi vraiment exceptionnel existaient.
En fait, Miss Salamin devraient nous rassembler tout cela dans un joli petit livre "collector" que l'on pourrait acheter une fois le téléphérique construit...
J'aime bien les chantiers, désolé, http://www.ronquieres.org/construct...
Je ne sais pas comment sont équipés les véhicules de transport particulier pour les pays de plaine, donc sans les sinuosités routières de nos vallées alpines, mais ici en Valais, nous voyons passer des petites merveilles de la technique des transports qui, lorsqu'elles passent des virages tels ceux de Niouc par exemple, démontrent une automation très pointue de leurs possibilités offertes aux conducteurs afin que des lacets aux apparences infranchissables ne présentent que quelques secondes de ralentissement.
Là, les constructeurs, ils sont brillants! Et leur job ne consiste pas uniquement à la réplique de l'épure de Jeantaud. Pour décrire cette technique, quelques films ou images sont insuffisants. Pour cela c'est une approche par le constructeur lui-même qu'il faut mettre en avant, et bien sûr avec de quoi démocratiser les termes pour rendre la chose accessible à tout un chacun.
Il faut bien penser que l'économie demande que tout se fasse au moindre coût et que ce moindre coût n'arrive pas autrement que par le moins de personnel et le moins de temps possible. C'est cela que les ingénieurs concrétisent à fond dans la technique des transports.
Il est dès lors évident que le spectaculaire reste invisible du bord de la route car il est embarqué sur le véhicule lui-même.
J'adore vos envolées technico-lyriques, Messieurs!
En gros, ça veut dire quoi? Que le cul des gros véhicules des vallées transversales est relevé pour ne pas se le rapper sur le macadam à chaque contour.
Aaaaaaaahhh ces hommes... pourquoi faire simple quand on peut compliquer!
Eh! Eh! Eh! Eh!
Ce n'est pas uniquement le "cul"des camions ou remorques, comme vous dites, mais toute la complexité de la direction et des articulations, l'une intervenant sur l'autre et sur plusieurs essieux.
Non mais, au lieu de prendre les choses à la va vite, allez une fois voir comment tout cela est étudié, avec la saisie des informations, leur analyse par le processeur, et la distribution des ordres pour que le chauffeur puisse se concentrer sur la route elle-même, sans avoir à gérer dans le détail tout ce qu'il se passe à l'arrière.
Ces hommes, comme vous le dites aussi, ils ont évidemment dû élaborer les choses de manière telle qu'on puisse à présent permettre à de jolies créatures de se mettre au volant d'immenses convois.
Quant à l'art de tout compliquer, il s'agit du fait que lorsque la gente (...) a estimé qu'elle pouvait elle aussi prendre les commandes, ben oui quoi, il a fallu compléter de manière appropriée le système afin que de lui même il puisse faire des choses justes, en évitant le fracas caractéristique d'un écart d'anticipation qui vient d'être commis.
Vous savez au "boum" précédent le "halte" on préfère toujours le "halte" sans suite. Et ça, ce n'est pas toujours évident avec les ..., oui bon, nous nous comprenons, c'est l'essentiel!
On a beau dire mais c'est une femme qui est venue interrompre notre interessante conversation avec des histoires de Q ! Rrrrrrrrrrrrrrrr!