Plus jamais je n'ironiserai sur la trépidante activité d'un grutier.

La journée avait magnifiquement débuté. Une bonne nuit de sommeil pour une meilleure maîtrise de mes nerfs, un temps clair et un soleil magnifique. Mon arrivée sur le chantier se voulait discrète. Elle a été saluée par de grivois mais sympathiques Alors, Nicole, t'as mis les pantalons, aujourd'hui? Tiens, on connaît bien mon habitude estivale, dans ce village...

Préparation du matériel, GoPro arrimée au baudrier improvisé [le support qui va sur les casques], appareil-photo chargé et carte SD vide, petit appareil pour la vidéo, tout est passé en revue en attendant Stéphane S. pour attaquer l'escalade. Le reste de mes affaires est abandonné sur place, je ne m'en soucie pas trop.

Sur le conseil avisé de Stéphane - s'enfiler Ici, c'est le plus difficile - je me faufile sans peine à sa suite parmi les barres métalliques dans les entrailles de la bête. Nous y voilà. Elle mesure à peine moins de 40 mètres et pèse bien plus lourd que moi. Elle ne devrait donc pas basculer sous mon poids. Je regarde tout en haut sans trop y réfléchir. Le souvenir de l'escalade de l'échelle des pompiers me revient en mémoire, puis s'efface.

Nous attaquons vaillamment la montée. Un échelon après l'autre, un centimètre après l'autre.

Soudain, je me rends compte que l'échelle, à 90°, est raide. Ce qui donne l'impression de basculer vers l'arrière. Je devine le vide qui s'allonge en-dessous de moi et je sens le poids de ma carcasse tirer sur mes biceps tout juste assez costauds pour tenir un guidon et taper au clavier [j'ai toujours rêver de faire de l'aviron (desespoir) ].

Aux premières barres [excusez mon vocabulaire] transversales, Stéphane s'arrête et se retourne. Cramponnée à mes échelons, j'en fais de même. Nous sommes à la hauteur du 2ème étage de l'hôtel Alpina. La vue sur le village est jolie, certes, mais ce petit tour d'horizon me fait prendre conscience de certaines réalités, encore accentuées par la profondeur du trou du futur contrepoids [photo] et le vide sous mes pieds.

A bien y réfléchir, la montée pourrait se poursuivre encore un bout, la peur au ventre. Or, nous ne sommes qu'au quart de la grimpette. Et même si d'aventure j'arrivais au sommet, serais-je seulement en mesure de redescendre sans devoir appeler l'hélitreuil ou d'attendre la nuit? La réponse était claire et les bras tiraient: je n'avais pas songé à prendre le pique-nique.

Vissée aux échelons, je confie ce que je peux de mon matériel-photos à Stéphane qui se prête au jeu de bonne grâce [admirez ma grimace, mais ok j'assume]. L'issue était inévitable, restait à savoir où j'allais m'arrêter. Question que je me gardais bien de lui poser.

Il poursuivit seul le long chemin. Sa progression était leste et rapide. Puis, il disparut dans la cabine pour réapparaître peu après sur le pont ou le bras de la grue, puis redescendre. [photos]

C'est donc à Stéphane [dernière photo] que nous devons les clichés aériens ici présentés, bravo!

NB. Je remercie tous les gars du chantier qui se sont donné la peine de m'ignorer! Quant à moi, j'ai eu été plus fière que ça...

Pour iDevices:

Au pied de la grue