Quelle est selon vous l'image la moins trafiquée?

5224 km2, voilà le territoire du Valais. 152 km2, c’est la surface dite de zone à bâtir. Soit à peine 2,91% du canton! Le mensonge de l’initiative Weber tient tout entier dans ces chiffres aussi officiels qu’indiscutables. J’aime bien Franz Weber, son côté vieux lion romantique qui se bat pour ses idées et une certaine conception du monde à visage humain. Mais là, avec son initiative, il est complètement à côté de la plaque, tonne le rédacteur en chef du Nouvelliste Jean-François Fournier dans son commentaire "Le mitage du territoire, un mythe à la Weber" du samedi 18 février.

On reprend ici la discussion exactement là où nous l'avions laissée en fin du billet sur la disneylandisation. Cliquez sur la carte pour voir les chiffres par commune de plus près.

  • Anniviers - 1,39% de zone bâtie
  • Bagnes (Verbier) - 1,40%. Et pourtant, à l'image de Zermatt ci-dessus, on se gausse de l'image très condensée de l'habitat de la station. On l'y représente en vue plongeante.
  • Grimisuat - 33.09% mais seulement 5% de r2 [article "Elles veulent prendre leur destin en main" en annexe]

Etc. D'ailleurs, la plupart des communes dont le quota est bien au-dessus du nôtre, de petites en surfaces territoriales, sont aussi celles de plaines et non touristiques. Petites communes = aussi moins de coûts d'entretien [accès, sécurité, etc. on ne vous refait pas tous les billets qui parlaient sur ces pages de notre route de la vallée ou des soucis d'avalanche, entre autres lors des assemblées primaires].

Vous êtes 70% à venir nous rendre visite en hiver. Concentration temporelle, c'est pourquoi le village est aujourd'hui même plein à craquer [semaine de Carnaval]. On est en hiver et vous êtes majoritairement venus skier. Le quasi 100% de la population qui occupe notre village aujourd'hui s'y trouve donc, ainsi que sur les pistes de ski. Pas ailleurs, c'est à peine possible de sortir des sentiers battus. Concentration spatiale. Vous n'êtes donc pas venus pour crapahuter ou découvrir notre belle nature puisque ce n'est pas possible. Et en cette période de l'année surtout pas sans déranger la faune ou détruire la flore de vos lattes acérées [J'vous promets que je suis pas écolo, mais j'y pense toujours, en effet].

Sur le plan statistique, nous accueillerons demain un vacancier qui viendra nous signaler qu'il ira l'année prochaine en Autriche: c'est moins cher et les télésièges ont des bulles de protection. Nous on a Les Crêts et on avance pas à pas vers un projet de liaison.

Donc, on nous reprochera le gros immeuble dans lequel on a quand même tenu à louer son logement [ouais mais c'est pratique, à côté de la cabine], le coût de la location [c'est la plus grosse semaine de l'année], l'attente de 5 minutes à la cabine [c'est quand même déjà trop], etc.

Moi j'aime sortir me balader dans la montagne du printemps mais surtout à l'automne. Oh... je ne suis pas une alpiniste chevronnée, les gênes sont partis ailleurs dans la famille, mais décoller, parfois sur un coup de tête, dans le coin le plus reculé du val ou des forêts. Il est alors facile d'y trouver air pur et solitude. Parfois je croise un villageois à son mayen ou sa tsigière, souvent que des chevreuils surpris ou des écureuils. Ces coins-là constituent l'essentiel de notre territoire, c'est pas du béton. Les mayens risquent juste de tomber en ruine si l’initiative passe [L'initiative Weber est... et Nous devons lever la Matze en annexe].

Dans ces coins reculés de notre nature, je n'y ai jamais rencontrer Franz Weber, trop occupé à transbahuter ses émotions exacerbées au coeur des villes car il ne pose jamais d'argument factuel sur la table.

Entre-temps, voici comment nous avons, hier, inlassablement accueilli nos hôtes en vacances cette semaine. La tristesse des au-revoir de gens ravis par le charme typique du village et la gentillesse des commerçants [j'vous jure!] a fait place à la joie des retrouvailles avec ceux qui suivaient. Une journée bien remplie.

D'ailleurs, ce soir, c'est souper anniviard classique chez Nicole: Fendant, viande séchée puis fondue pour des amis germanophones. Le feu ronronne déjà dans la cheminée. N'allez pas me dire que nous avons perdu notre âme!

Sur ce, je vous laisse, je me réjouis de les accueillir.

Votez juste!

PS. Photo garantie naturelle, j'en assume l'entière traçabilité: