Une escapade récente de le Val d'Illiez - vallée transversale telle que le Val d'Anniviers sur le coteau sud au-dessus de Monthey - laisse entrevoir entre nos 2 vallées quelques différences assez flagrantes. Un exemple. Leurs routes d'accès, grandes ou toutes petites, sinueuses ou plus droites, sont dotées d'un revêtement macadam digne d'un tapis de velours. Alors que les nôtres, grandes ou toutes petites, sinueuses ou plus droites, sont truffées par endroits de nids-de-poules que les hivers rigoureux malmènent sans pitié. Pourtant, une énorme partie de notre budget y est consacrée.

Anniviers est la [désormais] 4ème commune en superficie - après Bagnes, Davos et Glarus Süd, fusionnée cette année et qui fait office de géant. Elle fait pourtant rire tout le monde lorsqu'on évoque ses 2532 têtes de pipe. Si peu d'habitants pour payer des impôts afin d'entretenir nos infrastructures, alors que les autres en ont 3 à 5 fois plus? C'est une conclusion potentielle [hâtive?] à laquelle nous sommes parvenus dans le Val d'Illiez, répartie en 3 communes pour plus de 8'000 habitants.

Après deux ans de mariage des 6 anciennes communes, Anniviers réussit pourtant le tour de force des économies. Grâce à une gestion pleine de bonnes surprises et de taxations hydrauliques comme de contrats liant notre commune pour se solder par un excédent de financement.

Quoi qu'il en soit, y a encore du boulot, plein de projets d'entretien. Ainsi que d'autres chantiers à venir [Nouvelliste du 16 juin par Pascal Claivaz]:

Plus prosaïquement, la question énergétique a inopinément fait irruption dans la salle. En Anniviers, notre volonté de visée d'autonomie en énergie est toujours vaillante, d'autant que l'hydraulique se capte sur le pas de notre porte. Avec projets de développement à la clé.

La volonté.

Or dans les faits, notre réflexion doit s'élargir pour trouver des solutions respectables à moyen terme. Si la volonté induit la fabrication la plus propre possible de l'énergie nécessaire à nos existences contemporaines, nous pourrions reconsidérer ce qui est vraiment nécessaire.

Pour évoquer la question des lampadaires publics, il nous fallait bizarrement un lucquérand, là où le soleil se couche si tard. Celui-ci s'est permis de faire remarquer, qu'à certaines périodes de l'année, il était inutile de faire brûler la nuit durant des lampes qui ne servent à personne: situées dans des quartiers de résidences désertés une fois l'hiver écoulé. Ou de suggérer d'éteindre l'une ou l'autre sur le parcours si ce n'est toutes sur certaines routes dès le retour de Cendrillon au bercail. C'est vrai, en fait, inutilité, gaspillage énergétique, pollution lumineuse, son idée avait de quoi réveiller les consciences. Qu'on commence par celle qui donne droit sur ma couette, tiens!

Techniquement, cela semble pouvoir se programmer, mais l'énergie qui n'est pas consommée est perdue car elle n'est pas stockable. Les entreprises qui nous la fournissent sont liées par contrats et selon les heures, creuses ou pleines, cette énergie est en tout temps produites pour se suppléer, qu'elles soit hydraulique ou nucléaire, par exemple. Notre président alors de faire remarquer: "on ne peut pas éteindre une centrale nucléaire pour la nuit, l'énergie continue à circuler".

Nous l'aurons compris, si nous en sommes à la prise de conscience, le chemin est encore long jusqu'à nous parvenions enfin à ne fabriquer [pas seulement consommer] que ce dont nous avons véritablement besoin de manière raisonnée, calibrée et... durable.

La prochaine réflexion me paraît fondamentale dans notre économie.

Une maman de jour s'étonne des appels de familles nécessitant une garde le week-end. Notre activité étant pour l'essentiel touristique, le plus gros du travail s'effectue le samedi et le dimanche [accueil, hôtellerie, magasins,...], tout le personnel est alors sur le pont.

Notre crèche, elle, est à disposition des enfants de la vallée du lundi au vendredi. Elle accueille une quarantaine d'enfants et remporte un très vif succès depuis sa création. Il y a là les familles qui ont besoin de cette solution pour permettre aux 2 parents de travailler, souvent de condition modeste dans le tourisme. Il y a aussi une nouvelle mentalité qui incite les parents à mettre dès le plus jeune âge leur enfant à la crèche afin de le sociabiliser et de lui permettre d'acquérir un minimum d'indépendance.

La commune affirme ne pas avoir ressenti cette nécessité de fin de semaine, sans compter les lois et syndicats à respecter. Les professionnel[le]s assument leur lourde charge lourde avec un coeur extraordinaire et il y a sans doute d'autres solutions que d'alourdir encore leur activité. Mais peut-être que la question des besoins [week-ends et vacances touristiques] vaut la peine d'être posée car offrir du travail à des personnes établies dans la vallée à des périodes durant lesquelles il est impossible de gérer sa famille est assez contradictoire [voir à la population de bénéficier de prestations pointues offertes par le travail de ces parents]. Sachant qu'une partie de ce personnel se retrouve au chômage une fois le printemps ou l'automne venu...

La responsable du dicastère, Nadine Zufferey, signale au passage le manque cruel de parents de jour. Un constat, ma foi, récurrent! Où est le noeud du problème?

Ce 14 juin-là [journée de la grève des femmes en Suisse, beaucoup de manifestations étatiques ou syndicales], elle n'était pas là pour défendre cette cause à Zinal, mais elle est sans le savoir particulièrement en phase avec le sujet [parution Nouvelliste du lendemain]:


Sans "-", s'il vous plaît! ;-)

Bon. Assez cogité pour ce soir, assez de pistes ouvertes sur ces pages. Comme pour tant d'autres collectivités!