Il y a fort longtemps de cela, les SD des différents villages touristiques de la vallée s'étaient regroupées en fédération afin d'assurer la promotion de notre destination d'Anniviers. S'ensuivit dès le début des années 90, une nouvelle entité nommée AIDA ou association des intérêts d'Anniviers, puis la structure de cette dernière a été modifiée en rejoignant les intérêts complémentaires de la destination sierroise pour devenir SAT. Le bureau de Vissoie a, suite à votation, migré à la place de la gare de Sierre. Un premier directeur a été nommé en la personne de Vincent Bornet, ancien responsable de l'office de tourisme de Grimentz et qui fait maintenant son bonhomme de chemin en tant que directeur adjoint à Valais Tourisme - entité, elle, valaisanne de promotion touristique.

L'objectif premier de SAT étant d'assurer la promotion de notre charmant coin de région, les gens du coin ont le sentiment que tel n'est plus le cas, qu'il n'est plus respecté ni atteint. Les griefs du mécontentement tiennent en gros :
  • au manque de respect de notre identité qui se dilue dans les vignes et les musées
  • au manque de connaissance de notre région et de notre infrastructure du bureau central pour vendre nos villages
  • à l'impression que SAT est devenue une grosse machine au détriment du marketing, ce qui génère un sentiment d'immobilisme et une perte de contrôle des actions
  • au coût surprenant des opérations et des objets soumis à la réservation
  • au sentiment d'avoir été trop loin dans la centralisation avec Coeur du Valais, tenant compte du fait que certaines destinations bénéficient de l'appellation sans pourtant en faire partie
  • etc.
Le sentiment se ressent donc clairement dans la déviance des objectifs premiers avec des moyens et des procédures qui ne cadrent pas avec l'idée qu'on s'était, ici, faite de l'expérience, si on en juge d'après la longue discussion qui a eu lieu.

Recibler les objectifs? Rapatrier SAT? Le contexte s'y prêterait puisqu'en 2009 nous fusionnons dans l'effectif nos communes, nous avons par ailleurs déjà une commission touristique initiée dans ce contexte, mais, de plus, cette date figure dans nos calendriers comme échéance pour le renouvellement du contrat avec l'organe de promotion sus-mentionné.

Pourtant, si nous décidions de ne plus renouveler ce contrat, la question du financement se pose invariablement, difficile à régler seuls. Par ailleurs, qui nous prouve que notre bureau marketing ne fait pas correctement son travail? Une étude comparative avec d'autres régions touristiques pourrait peut-être nous démontrer que, si pertes ou peu d'augmentation il y a, elles demeurent bien en deça de la réalité de ces autres régions. Qui sait? N'avons-nous pas aussi parti pris par le simple fait d'être directement impliqués? Un oeil extérieur à notre région et nos activités, neutre, nous serait à n'en pas douter de très bon conseil. De plus, si nous envisagions scission pour continuer notre bonhomme de chemin, qui peut d'ores et déjà nous assurer que nous ne retombions dans les mêmes travers? Assurer une publicité ciblée et rationnelle paraît être l'évidence pour tout le monde, mais elle ne tombe pas du ciel. En serions-nous autant capables?

Tant de questions soulevées en une seule soirée ne seront évidemment pas éclaircies en un jour. Une évidence à cette heure: la remise en question. Un audit, en eaux calmes ou tempétueuses, ne peut être que bénéfique. Si dysfonctionnements il y a, cela permet de replacer l'église au centre du village et tout esprit constructif ne s'en portera que mieux. Si succès, autant en profiter pour mettre les choses à plat au sein de la population de manière claire et précise.

De cette réunion est également ressortie une idée concrète à mettre en place au sein de notre communauté pour favoriser la fidélité et la reconnaissance de nos clients.

Bref, d'une situation de crise nous ressortons avec la volonté d'une remise en question et une idée concrète. La guerre - vue sous son aspect strictement positif - restera toujours un puissant moteur pour l'évolution d'une économie. Mais les volontés surgies de ces discussions doivent maintenant se muer en actions concrètes. Nous ne manquerons pas d'en reparler sur ce blog d'ici à 2009.