La semaine dernière, nous avions brièvement abordé le thème de la fusion des remontées mécaniques de Grimentz et de Zinal suite à la parution d'un petit article dans Le Temps (cf. billet du 6 avril dernier).

Le projet était dans l'air, comme nous le mentionnions, depuis un certain temps. En effet, il était question, il y a fort longtemps de cela, d'un projet reliant Grimentz à Vercorin. Cette idée remonte au début des années nonantes mais a rencontré d'énormes difficultés imposées par le milieu écologiste suisse. En effet, ces derniers, souvent issus de milieux citadins et peu touchés par le développement économique potentiel d'une région - ce passage lu entre les lignes sent le soufre, pardon - ont pris dans notre pays une importance considérable et ont fort bien réussi à nous mettre les bâtons dans les roues.

Tant et si bien que ce premier projet de liaison finit par capoter définitivement. Nous fûmes dès lors contraints de nous soumettre à des conditions drastiques et irrémédiables lors de la construction de notre télésiège des Grands-Plans afin, même, d'empêcher tout revirement futur.

Du coup, nous nous sommes tournés sur l'autre versant.

Zinal se doit de remplacer son téléphérique. Ce dernier date de la fin des années 60 et a un débit de 800 personnes/heure (pour comparaison, la télécabine de Grimentz a été construite en 1988 et offre un débit de 1600 personnes/heure). Or, il en coûte pour cela un montant d'environ 20 millions de francs, ce qui est énorme pour une petite société de remontées mécaniques.

Un projet à 2 permettrait de pallier cette première difficulté purement financière, mais offrirait à chacune des sociétés la possibilité de se positionner comme domaine skiable de catégorie supérieure. Etant donné l'altitude des 2 domaines, l'enneigement est assuré et l'investissement ne pose donc pas de question particulière.

Projet est donc de relier les 2 domaines par un téléphérique de 100 places par cabine et d'un débit de 1000 personnes/heure. Pourquoi un téléphérique, nous demanderont certains d'entre vous, alors que de petites cabines permettent d'assurer une meilleure fluidité du trafic? La question relève du choix du terrain et de l'infrastructure à y apposer. Le versant est de Zirouc ne se prête guère qu'à un téléphérique.

Ce projet de liaison, car certains d'entre vous suivent avec intérêt et depuis des années le plan d'évolution de nos remontées, chamboule un peu votre vision des choses. En effet, il reporte d'autres projets comme le remplacement des Lonas, par exemple, mais les conditions-cadres de notre station ont grandement évolué. Elles n'ont en fait plus rien à voir avec la situation qui prévalait il y a une dizaine d'années. D'où ces réajustements.

Le projet de liaison s'accompagne d'un réaménagement des pistes afin de faciliter le retour des skieurs car la piste des chamois (cf. billet du 25 mars dernier) est trop exigente pour un trafic de skieurs pendulaire.

Or, dans l'immédiat pour l'année à venir, 2 autres projets sont en cours d'étude pour améliorer les conditions d'enneigement, mais nous y reviendrons une autre fois.

Autre information, peut-être sortie de tout contexte mais tant pis, la navette St-Jean-Grimentz-Zinal fait environ 50'000 passagers en hiver.

Bref. A l'image de notre directeur des remontées mécaniques, Yves Salamin en illustration, vous noterez que nos projets sont dûment soumis à réflexion et que nous ne sommes par conséquent pas des têtes brûlées, hihi.