Il floconne joli, mais sera-ce suffisant?

Une grosse déflagration a retenti, il y a un moment. Impressionnant. Peu habituel. La seule piste que nous ayons sur le sujet est un minage simultané sur les 2 versants de Grimentz et Zinal, mais elle reste boîteuse à mon sens. Fameux timing, si ce devait être le cas. Le village n'a - et pour cause! - pas été détruit par une avalanche, en tout cas;-) Nous espérons que ce ne soit rien de grave.

19h00 le même jour

Il a neigé environ 2 heures, ce matin. Pas de couac fouetter un bonhomme de neige.

La déflagration de ce matin a été suivi d'une seconde en pleine heure de sieste (pour certains). Renseignements pris, il s'agissait bien d'avions supersoniques. Pour avoir vécu l'événement il y a quelques années à Sion, capitale du Valais, l'éventualité paraissait plus que plausible. Sauf qu'à Sion, les commerces des environs de la gare ont vu leur baies vitrées voler en éclat. M'enfin, on en a pas été loin en tout cas. Tout a vibré si fort. Pour la 2ème déflagration, nous étions dans la rue et c'était comme un souffle qui nous traversait tout le corps. N'essayons par conséquent même pas d'imaginer une bombe qui explose en pleine guerre. Ou en plein film d'action.

Ces 2 déflagrations me turlupinaient. J'ai donc été cherché quelques réponses auprès de notre copain Thierry, fervent adorateur de Grimentz et pilote professionnel chevronné.

Les avions supersoniques ne dépassent le mur du son qu'à partir de 10'000 mètre d'altitude (mètres ou pieds, j'ai un doute tout à coup en écrivant un chiffre aussi énorme car à 10'000 mètres, on est déjà dans la stratosphère, non?). Par mesure de sécurité? Est-ce que la force de frottement des objets y est réduite? Quand on commence à y réfléchir, de nombreuses questions surgissent dans les esprits. Petit tour donc sur Wikipédia (Wiki pour les intimes) à la page Mur du son où on y apprend tout ce qui tourne autour du phénomène.

A savoir pourquoi la chose s'est répétée en début d'après-midi alors que la première onde de choc avait été si violente, Thierry m'a répondu que l'effet n'est jamais vraiment identique. Selon les conditions météo, de nuages ou d'humidité, le bruit est parfois amplifié ou carrément étouffé. Wiki nous explique :
En altitude, deux phénomènes se combinent : d'une part, l'énergie de l'onde est conservée dans le cône de choc, et donc se dilue quand ce cône s'élargit : elle est inversement proportionnelle à la distance de la source d'origine (ou au rayon du cône). D'autre part, l'atmosphère n'étant pas homogène, il y a des phénomènes de réfraction (exactement comme des mirages) qui font que l'énergie du choc tend à se dissiper vers le haut.

Du coup, les supersoniques en altitude ne s'entendent pratiquement pas au sol; il faut un passage à basse altitude pour que le « bang » supersonique ait un effet quelconque.


La dernière phrase nous laisse songeurs, mais Thierry nous rassure sur les normes de sécurité établies par les forces aériennes suisses, tout en précisant qu'en cas de dégâts, comme ce fut le cas à Sion il y a quelques années, ces mêmes forces aériennes sont malgré tout assurées par un fond servant à couvrir les dommages éventuels. Bref, éludons, si vous le voulez bien car le sujet est épineux.

Toujours est-il qu'apparemment personne n'a réclamé la première fois et que l'armée a continué en tout impunité (ici, j'ironise) ou plutôt en toute ignorance des répercussions.

Et les avalanches, dans tout ça?? Ben oui, dans les Alpes au beau milieu de l'hiver... bien que nous ayons connu meilleures conditions de neige. Si tel devait effectivement être le cas, il est des instances dûment dotées des pouvoirs adéquats pour empêcher tout vol supersonique. On se rappelle les hélicoptères qui n'osaient rallier Loèche-les-Bains, ce fameux hiver de 1999, au risque de voir des pentes entières dévaler sur le bas du village. C'est pourtant ce qui a fini par se produire, mais ceci est une autre histoire.

Bref. Nous voilà donc rassurés quant aux intentions non violentes de notre Confédération. Peut-être saurez-vous amener des éléments complémentaires passionnants sur le sujet par commentaires interposés? Peut-être établirez-vous d'autres bases de réflexion?

Quant à moi, je profite perfidieusement de l'occasion pour rappeler à notre copain pilote qu'on attend toujours avec impatience de le retrouver à l'aérodrome de Sion afin d'expérimenter le tout, qui sait? La suite du reportage serait superbe :-)