Aujourd'hui, jour de pleine lune. Au programme, la journée doit se terminer par une fondue-lune, soit une fondue au restaurant d'altitude à Bendolla, ce soir, puis une montée des pistes jusqu'au sommet de l'Orzival à la lumière de la pleine lune.

Aujourd'hui, jour de pleine lune. Un coup de fil à 07h07 ce matin alors que mes paupières ne se décidaient que difficilement à s'ouvrir. Cet événement n'était pas vraiment au programme.

C'était le moment. Après des jours de retard et des fausses alertes, la vache allait enfin mettre bas. Enfin, nous l'espérions. Dans les tremblements de la précipitation, j'ai saisi au vol chaussettes et sous-vêtements dans le panier à linge sale (inutile de faire mieux pour la circonstance), récupéré les vêtements et chaussures prêts pour l'emploi sur le balcon, attrapé appareil-photos et clés au vol. Il m'a tout juste fallu une dizaine de minutes pour rejoindre l'étable. Un exploit à relever!

Et l'attente a commencé dont voici un bref résumé par écrit, en images et en vidéos. Il vous suffit de cliquer sur l'illustration ci-contre pour ouvrir la galerie-photos. Attention, certaines d'entre elles ne sont pas vraiment appétissantes. Âmes sensibles...

Je commence.

A ses tétines, on ne pouvait louper la vache. E-normes. De quoi renvoyer Pamela Anderson à ses opérations. D'abord tranquille, elle a fini par se contracter et haleter, les yeux exorbités. Au bout d'un moment, elle s'est relevée et s'est mise à brouter. Mais le travail a recommencé. Elle s'est recouchée au risque de faire exploser ses tétines... De façon presque inespérée, le placenta est sorti assez rapidement. Une pause à nouveau jusqu'à ce qu'apparaisse une des pattes antérieures du petit veau. La vache s'est relevée. Pas longtemps. Enfin, 2 belles et grosses pattes sont apparues, que le vacher s'est empressé d'harnacher pour les empêcher de repartir en sens inverse et pour accompagner la maman dans son travail. Le museau a commencé à pointer, à peine reconnaissable sous la gangue protectrice du placenta. La gangue s'est brisée et le museau, langue pendante, a pris son premier bol d'air. Puis, tout s'est accéléré et je garde de ces instants un souvenir confus et précipité. Une bête à première vue plus lourde que moi s'est ainsi complètement dégagée et a fini, suintante, sur la paille, un veau passablement interloqué, vigoureusement malaxé et frotté par des bêtes bizarres, sans cornes (enfin...?) et à 2 pattes. Le veau a rapidement été déplacé dans un petit espace amménagé pour lui. Il a ensuite été contraint de boire le premier lait de sa mère, mais aussi contraint pour apprendre à le faire, afin d'avoir les forces suffisantes pour tester ses 4 échasses à sabot.

Tout au long du processus, le vacher s'est volontiers appliqué m'expliquer nombre de choses pour répondre à mes questions. Il trouvait même les comparaisons les plus efficaces et rapides à ma compréhension en décrivant une espèce de liquide huileux de "crème de jour". Eclats de rire. Bref, selon lui, la naissance à laquelle j'avais assisté était tout simplement "académique".

Do, le propriétaire avait emmené avec lui une bouteille de vin chaud, pour la maman, et de la teinture d'iode, pour le petit. Au regard du vacher, mi-excédé mi-amusé en écoutant ses instructions, il était aisé de comprendre que chaque propriétaire y aller de son remède de bonne femme.

Sur le pas de la porte, j'ai encore promis à l'heureux propriétaire que je ferai un saut à l'agence pour saluer tout le monde avant de rentrer me rafraîchir. J'y ai été accueillie par des hauts cris, mon odeur âcre ne leur convenait apparemment pas. Le temps d'avaler un bol de céréales pour me rendre compte que cette odeur me serait à moi-même insupportable. Des soins adéquats s'imposaient donc. Ce que j'entrepris sans tarder et ceci jusqu'aux plus menus objets qui m'avaient accompagnés dans cette aventure!

...Bizarre de se retrouver assise entre un guichet et un écran d'ordinateur une petite heure plus tard, bien que le quotidien reprenne vite le dessus. Et ce soir, fut une soirée magnifique, une excellente fondue et une descente de pistes de ski au clair de lune, j'ose à peine vous en parler! Mais ceci pour le prochain épisode...

Ce vélage en images



N.B. Les messages de l'ancien blog (octobre 2006 à janvier 2007) sur l'ancien Immoblog